mardi 21 juin 2016

Théodule BOURDIER: beau frère d'Alfred Cartier


Celui qui plus tard réalisera ce bijou, naît le 13 janvier 1837 - à Paris, Île-de-France , il se nomme Théodule Bourdier .
Son père Jean Adolphe Bourdier était né en Auvergne et sa mère était "marchande de métaux" a Paris.
Nous ne savons pas pourquoi Théodule embrassa cette profession de joaillier, il fit son apprentissage à Paris. La première trace que je trouvais fut un poste de Juge suppléant au tribunal de commerce, il a 38 ans, s'il est a ce poste c'est qu'il est reconnu par ses collègues.


Le seul évènement qu'on lui attribue à cette époque est son mariage. Il s'est marié le 11 janvier 1872, à Paris- dans le III ème, Île-de-France, avec Marie Françoise Griffeuille qui était née en 1852. Or Marie Françoise a une soeur, Alice Amelie Griffeuille fille d'un riche commerçant Rouennais, née le 23 août 1853à Paris
ariée le 1er juillet 1874, à Paris dans le IIIème, France, avec le futur grand Louis François "Alfred" Cartier 1841-1925. Ainsi Vever ne parle pas de Bourdier, sauf deux mots, et nous verrons donc plus tard que Bourdier a "le savoir faire", mais pas "le faire savoir."


Il a pourtant participé a l exposition de 1863. 

L' étude de Mr Pierre Bergé a récemment revendu ce bracelet souple composé de dix maillons ovales à décor de feuillages pavés de diamants taillés en rose, un diamant brillanté plus important en sertissure et une perle fine bouton. Monture en or 750/1000° et platine. Années 1880 environ. Écrin d'origine de la Maison Bourdier à Paris.





Acte de naissance de Georges Bourdier qui succédera à son père


Broche fleur avec des feuilles serties de diamant taillé en roses, qui sont  montées sur or et argent dont certaines montées en trembleuse. Elle date de 1880 environ , avec son écrin d origine en cuir marron et doré à chaud poinçonnée Th . Bourdier, Médaille d'or Paris 1878.


Maitre Colin du Boccage a revendu récemment cette belle montre de poche avec 3 couleurs d'or, finement ciselée, cadran émaillé blanc avec chiffres romains peints. Cuvette signée Théodule.Bourdier à Paris. Dos de boîte décoré aux attributs de l'amour, en relief. Elle est accompagnée de sa châtelaine décorée à l'identique, agrémentée d'un médaillon et de son cachet. Crochet en vermeil. Dans  son écrin signé. Poids brut: 78.80 g. Long: 14.5 cm.





Une maison d 'enchères que je ne connaissais pas et que je vous invite à découvrir: Leslie Hindman Auctioneers 1338 West Lake Street, Chicago,   a vendu ce surprenant bracelet avec diamants, plaque de néphrite, rubis, or jaune 750-1000° Sur la plaque centrale figurent trois "Putti". Poinçons français
https://www.lesliehindman.com/


Ci dessous, le même thème, peut-être le même moule pour la fonte, mais c'est le moule central répété.


Or, néphrite, rubis,  bracelet Diamant et Broche, Théodule Bourdier,
Circa 1885 d'après Sotheby's
Le bracelet et la broche sont conçus sous forme de mailles  de néphrite appliquées avec des Putti sur toutes les mailles, la broche avec la marque de fabricant, numérotés 1984, BHH, HH.




Le "Journal des Débats" du 22-05-1877 cite des achats de Bourdier lors de la ventes des joyaux de la Couronne de France. 


Même vente que précédemment. Que de grands noms ont acheté a cette vente, Vever a hérité d'un T. Mais J&F Bapst, Aucoc, Boucheron,Tiffany, Boin Taburet.!!

Bourdier  a obtenu aussi une médaille d'or à l'exposition de Paris en 1878  pour un "remarquable collier Guipure" (une broderie d'or) et une coiffure Fougère.
Il obtient une médaille d'or à l exposition de Lille en 1882. En 1883 il est récompensé par un diplôme d'honneur à l exposition d'Amsterdam,


Et dans la foulée il est décoré du Nichan al Iftikhar (نيشان الافتخار), du turc İftihar Nişanı (Ordre de la Fierté), qui est un ancien ordre honorifique Tunisien souhaité entre 1835 et 1837 par Moustapha Bey et réellement formalisé par Ahmed Ier alors Bey de Tunis.
Les premiers insignes de l'ordre en usage entre 1837 et 1857sont réalisés en or et diamants. Mais, devant le coût ruineux de cette fabrication pesant sur la cassette beylicale, un second type d'insigne voit le jour en 1857 : Les nouveaux insignes, qui sont réalisés en argent et émail. Chacun des beys régnants ayant mis son monogramme sur le centre de la décoration, il est possible de déterminer l'époque de chaque insigne.  Théodule Bourdier sera membre du Jury à l exposition de Nice en 1884.



A l Exposition de 1889 ceci est présenté comme une petite veilleuse électrique de Bourdier. Mais c'est en matière précieuse en or ciselé et émaux transparents. 
Cela lui permettra de gagner une médaille d'or à l'exposition de Paris en 1889
C'est à peu près à  cette époque que le destin va faire se croiser la famille Godard et Théodule Bourdier.
Et comme quelques personnes lisent ce blog , elles proposent gentiment de le completer.



Merci a Claudine Sablier de la Maison Boucheron qui m a adressé ces 2 photos

Jean Luc Godard: Cinéaste
Par famille Godard, j'entends le grand père du cinéaste Jean Luc, Georges Godard Né le 7 mars 1872 à Charenton le Pont,Val de Marne.
La famille Godard travaillait dans l’artisanat de la verrerie et de la bijouterie, et le grand père de Jean Luc Godard devient bientôt diamantaire après s’être installé rue de Paradis, dans le Xe arrondissement de Paris, où il dessine tout d’abord des motifs pour les nombreux ateliers de verrerie de la rue et pour le joaillier Bourdier.
Diamantaire, ses affaires prospèrent, l’homme est en pleine ascension sociale. Georges Godard épouse Louise Baeschlin en 1897, Française d’origine suisse par son père, qui émigra depuis le nord de la Confédération Suisse quelques années auparavant. Le couple s’installe au Raincy, et Paul Godard, l’aîné des enfants (il a trois sœurs), naît le 1er juin 1899. En 1916, fuyant la guerre par conviction pacifiste, la famille Godard déménage à Vevey, puis à Genève où Georges poursuit son commerce de diamants. Paul sera médecin et aura un fils Jean Luc Né le 3 décembre 1930 - Paris 75007, Paris, 1 Rue Cognacq-Jay.


1889  c'est un noeud d'épaule, il faut avoir de l imagination, imaginer dans sa tête ces femmes aux robes longues, à la taille serrée, mais au décolleté généreux et puis sur la bretelle de l'épaule un bijou  comme celui là.


ORDRE de NOTRE - DAME de la CONCEPTION de VILLA - VICOSA

Bourdier obtint aussi cette décoration car il exécuta un travail pour la cour du Portugal en 1890, il était temps !!! 
Le règne de Charles Ier, fils et successeur de Louis Ier — et également descendant d’Alphonse Ier, duc de Bragance, va être marqué par deux événements majeurs:  la crise coloniale avec la Grande-Bretagne en 1889-1890, et la mise en place d’une dictature de 1906 à 1908.
Sur le plan colonial, un contentieux oppose le Portugal et la Grande-Bretagne à propos de la domination sur l’Afrique dite « méridionale ». Selon un projet cher à son père, Charles Ier désire construire un bloc homogène d’influence lusitanienne depuis l’Angola (côte ouest) jusqu’au Mozambique (côte est). Ce projet dit de la « carte rose » s’oppose aux ambitions des Anglais qui souhaitent établir une jonction entre Le Caire et Le Cap. Dans un climat de forte tension et après plusieurs escarmouches en 1889, Charles Ier est contraint d’accepter un compromis : il n’y aura pas de « carte rose » et les Anglais lui offrent, en contrepartie, des compensations territoriales qui sauvegardent très partiellement le prestige impérial d’un pays ayant perdu la plupart de ses colonies depuis le début du siècle (surtout le Brésil).


Sur le plan intérieur, Charles Ier hérite d’une monarchie en danger. L’instabilité ministérielle est permanente. L’opposition républicaine et socialiste se renforce. Les monarchistes se déchirent entre eux. Pour préserver le régime, Charles Ier démet Hintze Ribeiro et confie à João Franco le soin de diriger une dictature provisoire. Mais sa politique autoritaire, marquée notamment par la dissolution des Chambres et la suppression de la liberté de la presse (1906), par la répression des grèves étudiantes de Coimbra (1907), jette le pays dans un grand trouble, encore accentué lorsque l’énorme endettement du roi vis-à-vis de l’État est rendu public. Cette situation de crise entraîne l’assassinat par des républicains du souverain et de son fils aîné. 

A propos des "Noeuds d'épaule"


Page directement empruntée à la revue "L'Art et la Mode "de 1895 : site des "editions Jalou" http://patrimoine.editionsjalou.com/

Cliquer sur l image pour agrandir
En 1925  Vever fabriquera encore des bijoux pour l épaule



Un grand classique de l'époque , un "collier de chien" au lieu de porter un collier a la base du cou, on le porte à la verticale sur le cou. Les mauvaises langues disaient que c'était pour cacher les rides.....celui ci est en or et argent entièrement serti de diamants taillés en roses ou taille ancienne La maison d'enchères "Siboni" à Sceaux, le date de la fin du XIX ème , à juste raison puisque Théodule Bourdier est mort en 1898, je le situe en 1895, mais......difficile de dater.
Le poids des septs diamants principaux est de 9 carats pour un poids total du collier de 89 grs et une longueur de 30cm7 , encheres@siboni.com
Sur l'écrin une couronne comtale et les initiales LD (semble t il!)


Le travail de Bourdier était très classique, mais les tenants de l'art nouveau vont proposer une autre conception du bijou,et ces cavaliers sur ce collier de chien datant de 1900, ont été réalisés par Lalique




ŒUF DE PAQUES ET RUBAN EN ÉMAIL, CONTENANT UN BOUQUET DE VIOLETTES EN DIAMANTS, OFFERT A S. M. L'IMPÉRATRICE DE RUSSIE PAR M. TH. BOURDIER.

Le Journal"Le Monde Illustré" écrivit en 1891 à propos de ce cadeau:

Lorsqu'il fut question de créer à Moscou une Exposition française, grande fut l'incertitude des commerçants sollicités à cet effet, au point de vue des bénéfices à recueillir. Mais l'importance, au point de vue diplomatique, ne leur échappa pas.
On peut donc considérer ceux qui ont répondu à l'appel de la commission, comme ayant fait œuvre uniquement patriotique.

M. Th. Bourdier, qui l'un des premiers répondit à cet appel, eut en outre l'idée, sachant que l'empereur et l'impératrice visiteraient l'exposition, vers l'époque des Pâques russes, de confectionner un œuf en émail, véritable œuvre d'art, renfermant un modeste bouquet de violettes en diamants.

Il sollicita et obtint la faveur d'offrir cet écrin à l'impératrice, lors de sa visite.

Ce présent, le seul qui ait été accepté par S. M. l'impératrice, peut donc, en quelque sorte, être considéré comme un gage de la sympathie de la France pour la Russie.

M. le sénateur Dietz-Monnin, le digne et aimé représentant de la France, accompagnait Leurs Majestés lors de leur visite, et il a pu constater leur satisfaction à la réception de ce présent dont l'intention délicate ne passa point inaperçue.
La tzarine prit dans la vitrine de M. Th. Bourdier un ravissant bracelet qu'elle passa immédiatement à son bras.
M. Th. Bourdier, fabricant joaillier à Paris, a créé sa maison il y a trente ans environ. Il a su, par ses expositions successives, faire apprécier son goût élevé, et, en obtenant les plus hautes récompenses, a su se placer au premier rang des joailliers de la capitale.




Théodule Bourdier a participé à l exposition universelle de Chicago en 1893.

Des escrocs , il y en eut aussi





Juge au tribunal de commerce en 1895



Ce doit être vers 1895 que Bourdier exécute cette broche "libellule" en or et argent sertie de diamants taillés en rose ou de taille ancienne, les ailes tremblantes à décor d'émaux plique à jour, les yeux et le corps sertis de petits rubis. (Manque une patte et réparations à une aile).  Dimensions: 73 x 50 mm Poids brut: 13 g Dans son écrin signé Bourdier revendue par Maitre Beaussant Lefebvre Paris.


En 1898, ultime consécration , il devient fournisseur  agréé par la Cour de Russie

Journal "Le Journal"


Ce qui nous permet de voir que Théodule Bourdier est décédé en 1898 , sa veuve continue l affaire , elle veut transmettre à son jeune fils Georges Théodule qui n'a que 18 ans.


Sombre Histoire , attribuée à Théodule mais il est mort en 1898, Georges Bourdier son fils avait peut être été imprudent?


Ce merveilleux sac en perles fine or et diamants daterait de 1910


Une broche toucan  début du  20ème siècle  par Bourdier, vers 1920 d'après Bonham's qui l'a revendue. je pencherais pour la fin des années 1920. Pavé de diamants  avec les yeux  et  le bout du bec en  rubis, le corps en cabochon péridot, Le pied du Toucan en émail noir reposant sur  un perchoir en calibrés saphirs, signé Bourdier, 


De même pour cette broche diamants noeud par Bourdier, La maison Sotheby's le date de 1920 environ et pourtant je pense que ce doit être aux environs de 1928-1930, c'est à dire la période ou Bourdier a été repris par la Maison Paillette de Paris, noeud de ruban entièrement pavé de diamants principalement brillantés, le centre et les bords rehaussés d'une ligne de diamants baguettes, monture en platine, largeur 55 mm environ, signée Bourdier Paris,

Deux sacs Art-déco  diamants et pierres précieuses, l un est un sac ouvrant en cristal de Roche , cabochon saphir monté sur platine vers 1925, il est signé Bourdier,  et l autre sac, plaque bleue, vert et émail onyx avec une charnière , et diamants taillé en roses. Christie's.

1920?  Chez Christie's

Revendu par Christie's , sac art déco en perles de graines enfilées signé Bourdier


Georges Bourdier décède le 29-10-1923 dans le 8 ème arrondissement et sa maman décède le 31-05-1924 certainement à la même adresse dans le 8 ème arrondissement.


Article sur Théodule Bourdier, en réalité  Georges Bourdier qui vient d'être racheté par Paillette.


Le 13-01-1926

Suite au décès de Georges en 1923, les droits d'auteurs et autres, avaient été vendus à la société Berlioz Leroy qui fin 1925 cède ces droits à la société Paillette.
Ainsi donc, quelle est la société Bourdier qui figure dans le fameux dossier des diamantaires aux archives nationales? Est ce Bourdier Georges ?

Dossier 2. Bourdier (Etablissements).
La BNC produisit pour environ 2 800 000 francs à la liquidation de la société qui fut dissoute en 1933.

La société de Georges Bourdier aurait été dissoute en 1933 d'ailleurs certains dossiers n'ont été réglés qu'apres la guerre 1939-1945. 



De qui est cette affiche datée de 1926? Puisque les droits détenus par Berlioz Leroy ont été rachetés par Paillette et Cie, aucune trace de Paillette et Cie avant 1924.


Creation de la société A.(A pour Auguste) Paillette et Cie en 1924.


En 1924 Paillette se signale à l attention dans l Illustration, il est installé au 1 rue Saint Georges à Paris.


Dans ce magasin a l angle de la rue St Georges et de la rue de Provence.

J ai pu joindre Monsieur Pierre Paillette qui est en retraite du coté d'Aix en Provence, il a 93 ans mais ne se souvient pas avoir entendu parler de cette société, pourtant c'est bien celle de Auguste Paillette son grand père.




Le 1 Rue saint Georges, angle rue lafayette et rue de provence à Paris, ou se trouvait Paillette


C'est aussi cette même société qui va s'installer  rue Saint georges à paris et dont l adresse figurera sur les publicités de Paillette & Cie.




Dans le journal "l Illustration " du 7 decembre 1927, une photo de leurs ateliers. Dans cet article il est indiqué que Paillette & Cie ont un atelier de taille de diamant à Amsterdam, et que la Maison "est une de celles qui tiennent la tête de leur profession  par leur science professionnelle, le goût et le cachet de leurs créations. Dans la main d'un chef énergique et jeune servi par une expérience de bonne heure acquise, elle dispose d'une installation modèle ou s'exécutent toutes les phases de la fabrication du bijou" 


Cet article était surtout consacré à la riche collection de diamants qu'ils possédent , en particulier ce diamant de 38 carats 65.

Paillette & Cie propose aussi de transformer les bijoux et donne un exemple avec cette broche fleur en or et diamants remise au gout du jour art  dcéco en platine .
Personnellement, je n'aurais pas detruit la broche fleurs qui redeviendra à la mode 10 ans plus tard, grace à Mellerio, Van Cleef & Arpels et Cartier.

Peutt être Auguste Paillette ne trouve pas le succès aussi vite qu'il le voudrait et comme de nos jours, préfère reprendre le nom de Bourdier  qui reste un nom connu?
Bourdier renait de ses cendre au 18 rue de la paix en 1928


Ce vanity case est il du "Bourdier "de la rue du 4 septembre ou de celui du 18 Rue de la Paix, c'est un Vanity Case en Cristal de Roche, émaillé pour ressembler à du Lapis Lazuli, les motifs rappellent des oiseaux exotique et des fleurs, poussoir en Onyx revendu par Skinner  USA

Journal "Le Temps" du 18-12-1928



C'est toujours une bijouterie a l angle de la rue de la Paix(N°18) et pres de l' Opéra.


Cette photographie date du 27-octobre1928 dans l Illustration , rien n'a tellement changé , même la frise en pierre de taille et le lampadaire de la rue sont toujours là en 2016.

Ce qui a changé depuis c'est l interieur du magasin, l'extérieur avait été dessiné en 1928 par Barbier, lequel? nombres d'architectes se nommaient Barbier a cette époque.
En revanche l'intérieur avait été décoré par Jansen, maison fondée en 1880 par le hollandais Jean-Henri Jansen qui poursuivit ses activités jusqu'en 1989. La Maison Jansen est considérée comme la première firme de désign global à avoir fait de son nom une marque.
L intérieur était décrit comme un immense et précieux écrin bleu et argent, l' "Illustration" ajoutait "cette installation tout entière est une curiosité de luxe, véritablement un des plus élégants ensemble que l on puisse imaginer et voir"



Cette pendule éventail est en or , platine, onyx, agate et lapis, Les béliers sont en quartz rose, le jet d eau en cristal de roche et les aiguilles sont en brillants.(décrite telle quelle dans le supplément commercial de l'Illustration du 27-10-1928)
Ce principe d'affichage de l heure a pour non: Affichage rétrograde, Maurice Couet en a fabriqué de semblables pour Cartier  et bien qu'il soit ecrit qu'il ne travailla que pour Cartier, je pense qu'il avait de nombreux clients.
Cette pendu va du chiffre 12 au chiffre 12, l aiguille ne pouvant effectuer un tour complet elle se déplace de 12 à 12, puis elle est renvoyée à son point de départ par un systeme à Ressort, d'ou son appellation d'aiguille rétrograde.
Couet se plaisiat à etudier l application imaginative  qu'en avait fait l'horloger Lyonnais:Nicolas Grollier de Servieres qui vecut de 1593 a 1686 dont les inventions seront appelées plus tard"Horloges Mystérieuses" et ce mécanisme à affichage rétrograde sera derivé de la pendule Eventail de Grollier de Servières.



C'est une broche qui cache une montre. Sur un simple déclic sur la façade, l'avant bascule pour laisser entrevoir un minuscule cadran. C'est une Bourdier-Paillette.
Bourdier de 1928 avait fabriqué des "Broches montres"
Ce sont d'abord des Broches, mais ce sont aussi des montres masquées par cette façade de pierres précieuses.


 Broche Montre, de Bourdier, vers 1930. Un Puits sur  lequel montent des plantes grimpantes, il est serti de rubis cabochon, émeraudes et saphirs,avec des diamants simples et baguette, rehaussé par de l'onyx, au dos  une montre, un cadran ovale avec aiguilles en acier bleui et chiffres arabes, numérotée, signé Bourdier .
Madame Raulet dans son livre "Bijoux Art Déco" nous indique que "Seule la propriétaire de ce bijou sait qu'il s'agit d une broche qui donne l' heure, car le cadran reste caché"
C'est très typique d'un certain Art Déco, déjà Marchak avait réalisé  une broche Vase de fleurs, dont le devant s'ouvre pour découvrir une montre.


Dans ce même N° spécial de l' Illustration se trouve au centre de la page cette broche , ma mémoire me dit l avoir déjà vue mais ou, je n'ai pu la retrouver, mais j avais gardé un fichier PNG de mauvaise qualité qui lui était sur mon ordinateur.
Je l ai retrouvé, j'ai refait le fond  et cela nous permet de retrouver les couleurs de cette étonnante broche "Balustrade"


J avais noté que l auctionner la datait de 1930, il en était proche, car la preuve en est qu'elle avait du être fabriquée en 1928.
L'article de René Leuillet dans l' Illustration comporte un passage difficile à décrire...savoureux? etonnant, critique, il écrivait:
C'est peut être dans le salon d'un grand joaillier que l éternel et insatiable désir de la coquetterie féminine sait le moins se dissimuler, se découvre le plus tout entier, sous l'influence d'une poussée intime irrésistible.
Les femmes les plus gatées par le sort, les plus blasées par les satisfactions que procure la fortune, celles qui  jamais n'ont vu un seul de leurs caprices les plus couteux rester irréalisé, portent sur les gemmes étincelantes on ne sait quels regards passionnés. les rayons qui s'en dégagent, elles semblent les aspirer, les respirer. Leurs mains atteignent les écrins, Leurs doigts jouent parmi l'écoulement des pierres ou le moelleux glissement des perles. Eve, conquise au lointain paradis, dut montrer pareil visage extasié au tentateur. Certes nos grands joailliers parisiens travaillent exclusivement pour la femme souveraine. Mais de leurs admirable effort et de ses miraculeux résultats, il ne faut pas oublier qu'il revient en outre une part sensible et une renommée féconde à l'art national. 



1929 Dans le Journal Vogue des montres: Bourdier



Parallellement Paillette & Cie  continue sous son nom.

Paillette & Cie Paris- Anvers. Superbe pendulette de bureau. Vers 1930.
En cristal de roche dépoli, les panneaux en jade gravé à décor japonisant, les colonnes et le dos en onyx, l'ensemble rehaussé de motifs en corail sculpté dont un bouddha, le cadran avec aiguille et chiffres asiatiques en or, remontoir composé d'une perle de cristal, côte de melon. Mouvement mécanique 8 jours. Elle est accompagné de son écrin. Dim: 16.5 x 5.7. Haut avec statue: 14 cm.


1929 Bourdier dans Vogue


Bracelet articulé en platine et or gris, à neuf maillons rectangulaires bordés de diamants ronds. Signé BOURDIER Paris, vers 1930 Poids brut: 28 g Longueur: 17,5 cm

Cette bague était en vente sur le site "Net à Porter" pour lequel j ai une affection particulière ( a cause de Anne Sebba) avec cette légende

Cette superbe bague Fred Leighton date des années 1920 et son unicité en fera le bijou parfait à transmettre en héritage. Elle est réalisée en platine brillant et ornée d'une émeraude sculptée de 7,00 carats entourée de 0,40 carat d'étincelants diamants anciens taille coussin. En prime, vous pourrez l'ajuster grâce à son renfort amovible.




Signature de "Bourdier" à l intérieur à droite

La bague est signée Bourdier, vendue par Fred Leighton!!!qui avait été racheté par Ralph Esmerian, qui se trouve aujourd hui en prison malgré son âge.
Il semble que ce soit aux Etats unis une gigantesque faillite et que ce monsieur ait roulé un grand nombre de gens
http://www.antiquesandthearts.com/ralph-esmerian-sentence-six-years-in-prison-for-fraud-embezzlement/
Et pas plus tard qu'hier le 25-06-2016, j'en parlais au téléphone avec, Susie Flato, la fille de Paul Flato le joaillier américain.


Jeanne Lanvin, dans Vogue de 1930, 
Bijoux de Bourdier



Bracelet-montre de dame, rectangulaire, à mouvement mécanique en platine, bordée de diamants ronds ou diamants triangulaires et petites émeraudes calibrées, les attaches émaillées noires avec petits diamants, le bracelet double cordonnet de soie. Signé sur le cadran BOURDIER, vers 1930. Poids brut: 18 g Revendue par Oger Blanchet



1930, ça, c'est de la pub!!! presque aussi bien qu'Emile Puissant réalisait pour Van Cleef et Arpels en 1925


1928



1928
 Le style des publicités de Bourdier et Paillette se ressemblent vraiment.

Cet article démontre les difficultés de la datation des objets, puisque une période incertaine existe entre 1923 à la mort de Georges Bourdier et le début des années trente, j'espère avoir un peu eclairé l histoire de Bourdier et successeurs.

Dans l attente de nouvelles découvertes,
Un commentaire ecrivez moi : richard.jeanjacques@gmail.com


1 commentaire:




  1. À moi
    Bonjour Monsieur,

    J’ai lu avec grand intérêt votre blog et votre article du 21 juin 2016 très intéressant sur Théodule Bourdier.
    Je pense qu’il y a une petite erreur dans votre blog sur la filiation entre Auguste Paillette et Pierre Paillette.

    Il se trouve que ma grand-mère était une amie intime d’Auguste Paillette et de son épouse, épouse qu’il appelait « Pinson » et dont je ne connais pas le prénom donc.

    Ma grand-mère était de 1909 et Auguste Paillette était plus âgé qu’elle d’au moins 10 à 15 ans. Auguste Paillette était de la fin du 19ème siècle, des années 1895 je pense, et son épouse à peine plus jeune.
    Ma grand-mère connaissait aussi les enfants du couple et pour moi Pierre Paillette est leur fils et non leur petit-fils.
    Autant que je sache aussi, Auguste Paillette était la première génération de joailler de la famille Paillette et il serait donc bien celui qui dans les années 20 a acheté la boutique de la rue Saint Georges et les droits de Bourdier.
    Et Pierre Paillette a pris la suite du négoce de joaillerie mais sans boutique ouverte au public, je crois.
    Surtout votre blog m’a rappelé d’excellent souvenirs avec les parents Paillettes, des gens absolument délicieux, certes d’un charme un peu suranné, mais tellement extraordinaire pour moi, qui était encore enfant dans ces années.
    Je me souviens en particulier quand Auguste Paillette arrivait avec sa magnifique Mercedes 300 SE limousine noire à la fin des années 60 et qu’il nous conduisait en ville à Tours.
    Déjà âgé, il conduisait encore mais il roulait très lentement et klaxonnait à tous les croisements et en haut de toutes les côtes pour prévenir de son arrivée.
    Je me souviens aussi qu’il nous embrassait sur le front pour nous saluer et nous vouvoyait et encore que nous faisions le baisemain à Madame Paillette à son arrivée.
    Je me souviens enfin de Madame Paillette en 1972, le jour du baptème de ma petite sœur. Elle portait des bijoux tellement extraordinaires que nos amis étrangers l’avaient rebaptisée amicalement « Madame Bungalow » car chaque bijou qu’elle portait valait le prix d’une maison.

    Donc merci pour votre blog qui m’a permis de me remémorer ces gens formidables.

    Cordialement,

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N hesitez pas a laisser des commentaires, meme anonymes et je répondrais