mardi 3 mai 2016

Les deux Paul Robin : Joailliers de 1790 à 1914

Or et Diamants Broche Chouette, Paul Robin, Circa 1875

Jean-Paul Robin (1797-1869), le père de Edouard et Paul Robin était tombé dans la soupe de la bijouterie étant petit. En effet ses parents étaient déjà bijoutiers. Denis Robin, leur père, s'était établi, vers 1790, dans le quartier du Marais; il avait épousé Mlle Joureau, commerçante en pierres fines, dont il eut plusieurs enfants: l'aîné, Jean-Paul Robin, celui dont je vais vous entretenir et Aristide le cadet, furent ouvrier dans la maison Carré. Aristide l'acquit et continua à l'exploiter sous le nom de sa mère, sans doute pour éviter toute confusion entre sa maison et celle de son frère; le dernier fils, Richard, d'abord fabricant bijoutier, devint négociant en pierres et perles fines et avait adopté le nom de Joureau-Robin.

Jean - Paul Robin fut d'abord mis en apprentissage pour trois ans le 1er mars 1811, le contrat fixait à huit cents francs, pour les trois ans, la somme que devait toucher Petiteau, y compris les frais de logement et de nourriture. 
En effet à cette époque , c'était les parents qui payaient le maître d'apprentissage, mon ami Claude Barrier, célèbre bijoutier parisien a conservé son contrat d' apprentissage qui indiquait que ses parents devaient payer le maître d'apprentissage, Robin entra ensuite dans un modeste atelier de la rue Sainte-Avoye, chez le père Tatout.




Mais Jean Paul Robin avait passé son enfance dans cette atmosphère fiévreuse et enthousiaste des premières années de l'Empire, pendant lesquelles le bourdon de Notre-Dame et le canon des Invalides avaient tant célébré de victoires. Aussi, quand vint l'heure des désastres, lorsque, après la campagne de Russie, la France se trouva menacée, notre jeune homme, à peine âgé de dix-sept ans, n'hésita-t-il pas à s'engager.
On l'incorpora immédiatement dans les nouveaux escadrons qui s'organisaient à Versailles, au début de l'année 1814. Il fit la campagne de France dans les lanciers rouges de la garde impériale, comme « jeune garde » d'abord, puis, l'année suivante, dans le même corps, 
comme « vieille garde ».


A cette époque, on n'attendait pas longtemps pour faire ses preuves de courage et les occasions d'aller au feu ne manquaient pas. Notre jeune lancier se battit bravement et, blessé à Montmirail (11 février 1814), il fut proposé pour la croix. Mais, dans ce temps-là, il fallait plus d'une blessure et plus d'une proposition pour l'obtenir ; d'ailleurs, l'Empereur avait alors d'autres soucis que de penser à notre bijoutier, qui n'en continua pas moins à faire vaillamment son devoir de soldat, puisque, sa blessure à peine cicatrisée, nous le retrouvons sur le champ de bataille de Waterloo, où il fut laissé pour mort. Transporté à Bruxelles, il y fut soigné, pendant un an.



Jean Paul Robin partit en 1817, pour Milan, où les frères Manfredini, célèbres bijoutiers italiens, l'avaient appelé pour installer, sous leur direction, une fabrique de bijouterie du genre français. Ils lui allouaient pour cela une indemnité de cent francs pour son voyage et cinq francs par jour Malgré ces avantages, Robin ne put s'acclimater et revint en France l'année suivante, il entra chez Laval rue Michel-le-Comte, 29 et 31, où, développant ses aptitudes naturelles, il ne tarda pas à devenir un très bon ouvrier. Mais, désirant se perfectionner encore dans une profession qu'il aimait, et se familiariser avec tous les genres de fabrication, Robin changea souvent de maison, fut chef de plusieurs ateliers réputés et s'établit, enfin, pour son propre compte, au Palais-Royal en 1824. (Henri Vever)


Jean Paul Robin 1849
Robin, joaillier-bijoutier, rue de Beaujolais, n° 1, perron du Palais Royal (Azur, 1828).
Le Palais-Royal, haut lieu de la mode et de la vie parisienne sous la Monarchie de Juillet, commence à subir sous le règne de Napoléon III le courant qui emporte les cafés à la mode, le monde et le demi-monde, suivis par l'habitat
bourgeois, vers l'ouest de la ville, vers les quartiers de la Madeleine,
de l'Opéra et de la nouvelle Athènes. Le commerce de luxe niché sous ses arcades va suivre dans un lent mouvement qui débute dans les années 1860 et se termine dans les années 1890. Mais durant les deux décennies du Second Empire, le Palais-Royal garde encore largement sa renommée et la plupart de ses commerces de luxe : à la fin des années 1870, la location d'une arcade s'élève à 5 000 à 7 000 francs or, auxquels il faut ajouter un droit au bail de 20 000 à 25 000 francs.(Jacqueline Viruega)



Les belles bijouteries abondent, comme l'indiquent les adresses citées par Henri Vever et recensées dans l'annuaire Azur. Le Palais-Royal abrite alors les magasins de Paul-Alfred Bapst, de Debut et Coulon, d'Ecalle, de Fonsèque 

et Olive, de Lucien Falize, successeur de son père Alexis, de Fontana, de Fouquet, de Jacta, du chaîniste Auguste Lion, de Le Saché, de Marret et Jarry, d'Oscar Massin, de Morel, successeur de Fossin depuis 1862, de Planchon, de Paul Robin, de Gustave Sandoz, de Tixier, de Vever, venu de Metz à Paris en 1870. Les rues adjacentes, rue de Valois, place de Valois, rue des Bons-Enfants,accueillent également des boutiques de bijouterie et d'orfèvrerie. L'importance des magasins du Palais-Royal se mesure au nombre d'arcades qu'ils occupent dans les galeries entourant le jardin. Quand Frédéric Boucheron s'installe en 1858 dans la galerie de Valois, « c'est un magasin à une seule arcade » écrit Vever. En 1866, le magasin comporte deux arcades, aux 152 et 153 galerie de Valois, signe indubitable d'ascension sociale. En 1873, il s'étale sous quatre arcades du Palais-Royal. Ce n'est qu'en 1893 que la maison Boucheron émigre à l'angle de la place Vendôme, au numéro 26. (Jacqueline Viruega dans son ouvrage sur la période du Second Empire à la Guerre de 1914)


S'il est difficile de savoir quels sont les bijoux pouvant être attribués à Paul Robin père, ou à Paul Robin fils, il n' y a pas de doutes sur celui ci-dessous.




Maître Brissoneau , officiant à Drouot  a noté que ce flacon à sels, était  en cristal, à pans coupés orné d'une monture en or ciselé à décor feuillagé sur laquelle trône un singe se parfumant. A Paris et daté de  1809 à 1838, par la petite garantie or (tête de bélier) mais  Paul Robin, ayant insculpé son poinçon en 1824, c'est bien Eugène Paul, installé à l'enseigne "La Fantaisie", 99 galerie de Pierre au Palais-Royal.
Dès la Restauration, la bijouterie de  Robin est très estimée. La variété et le caractère recherché de ses modèles, alliés à une exécution sans défaut qui donnent aux bijoux en or une solidité sans rivale, due autant à la qualité qu'à l'épaisseur du métal employé, le distinguent de ses concurrents et le conduisent à un succès qui s'accroît encore sous les règnes de Louis-Philippe et Napoléon III. Ses créations s'inspirent de tous les styles en vogue : style romantique historiciste avec personnages médiévaux sculptés en relief ;style Renaissance, qu'il traduit dans des bijoux en or gravé et émaillé ou en or ciselé avec pierres mêlant cuirs roulés, feuillages, coquilles, et auxquels


il emprunte dragons et chimères, qui animent ses bagues, ses épingles et ses cachets ; style naturaliste, grâce auquel il orne ses ouvrages de fleurs diverses, roseaux, trèfles et utilise des animaux, tels que léopards, chiens, hiboux, aigles, lézards et surtout serpents, qu'il emploie dans l'ornementation de bagues, épingles de cravate, boucles de ceinture et tout spécialement de bracelets où ils sont associés à d`autres motifs dans des compositions élaborées en or, émail et pierres, où dans lesquels ils forment le décor principal, réduits à un enlacement de deux serpents tout en or, dont les têtes se rejoignent à contresens.

En 1881 dans le livre" Diamants et pierres Précieuses" les auteurs expliquent qu'en 1840
" Robin crée un genre solide et artistique, le premier il donne à la bague un caractère qui la rend intéressante"


Bijoux de 1840 à 1845 de Gêne Paul Robin, un hochet avec manche de Corail, un breloquet avec chaînes en émail bleu, un médaillon cassolette et tout en haut une broche avec les feuilles en émail vert et papillons en diamants.

Il convient de  rappeler que c'est sous la Monarchie de Juillet que sous l'impulsion de Froment Meurice est relancé l'émail.Un rappel technique n’est peut-être pas inutile. L’émail est un mélange de silice et d’oxyde de plomb, combiné avec une base (soude ou potasse) ;  ce fondant transparent et incolore est coloré dans sa masse, et au besoin opacifié,par des oxydes métalliques. Le verre coloré ainsi obtenu est broyé en poudre, et l’émaillage consiste à le poser sur une surface puis à le porter à température de fusion au four, ce qui permet l’adhésion au support. L’émail est cloisonné lorsque les parois dessinant les motifs entre les couleurs sont rapportées ; il est champlevé lorsqu’il est déposé dans des cavités creusées dans le métal (souvent du cuivre) et dont les parois sont réservées. Le métal, lorsqu’il est précieux, comme l’argent ou l’or, peut être ciselé en bas-relief et recouvert d’émail translucide ; on parle alors d’émail translucide sur basse-taille. L’émail peut être appliqué sur un relief exécuté en or au repoussé, c’est l’émail sur ronde bosse.



 

Bagues Serpent de Paul Robin dans Vever 

Enfin, à la fin du XVe siècle, à Limoges, se développe l’art des émaux peints sur cuivre, caractérisé par la superposition de plusieurs couches d’émail, travaillé à la spatule. Il ne faut pas confondre cette technique avec celle qui a été pratiquée sans solution de continuité depuis le XVIIe siècle, pour des tabatières ou des montres, et qui consiste à peindre au pinceau sur émail, au moyen de couleurs vitrifiables ; on parlera alors de peinture en émail. La tradition de l’émail s’était en effet maintenue dans ce genre spécial qui confinait à la miniature et dans lequel excellaient les artisans de Genève. On ne connaît plus au début du XIX eme siècle que cette peinture en émail et, dans le domaine de la bijouterie, l’émail translucide sur fond guilloché, pratiqué par les bijoutiers, notamment pour les croix d’ordre.


Paul Robin Père utilisait déjà le thème de la Panthère

En 1856 le dessinateur Julienne pour occuper sa femme et sa troisième fille acheta un magasin d'estampes sur les boulevards, il fonda un cours de dessin où de nombreux bijoutiers se rendirent dont Paul Robin et Cartier .

 
Pommeau de canne motif serpent 

Paul Robin exécutait aussi d'une manière irréprochable le genre Renaissance, avec ciselure et émaux, la belle joaillerie et les bagues riches dont il s'était fait presque une spécialité. Son genre obtint sous Louis-Philippe un succès qui s'augmenta encore sous le règne suivant. Les archives de sa maison sont riches en documents, en modèles et en dessins remarquables, ce sont des bracelets, des broches, des parures, qui dénotent une grande recherche et beaucoup d'ingéniosité, une chose rare à cette époque. Vous pourrez en consulter quelques uns à la fin de cet article . 


Un grand nombre de pièces furent fabriquées par Robin pour des confrères détaillants. C'est ainsi que le collier de Grand-Maître de la Légion d'honneur, exécuté pour Napoléon III, sortit de ses ateliers, mais ne fut pas vendu par lui sous son nom.

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Photo aimablement transmise par "Notes Précieuses" http://www.notesprecieuses.com/

Eugène et Hippolyte Téterger furent employés chez Robin père; ils y firent leur apprentissage, et c'est là sans doute qu'Hippolyte puisa le goût de la joaillerie et de la bijouterie soignées qu'il devait fabriquer lui-même plus tard.

 
Hippolyte Teterger 

 
Henri Teterger 


Henri Teterger

Les deux frères, qui avaient demandé sans succès à être associés à Robin, fondèrent d'abord rue Richelieu, 84, une maison de bijouterie, devenue par la suite celle de Mailliez, également élève de Robin père, réputée pour ses médaillons à photographies et pour ses bijoux de deuil en onyx et or très soignés. Plus tard, Fonsèque et Olive succédèrent à Mailliez.

Médaillons de Robin 

Jacqueline Viruega citant Henri Vever a écrit cette anecdote sur Jean Paul Robin.

La mise en couleurs donne à l'or sa teinte définitive. La manipulation est d'importance : l'or n'étant jamais employé pur, les alliages présentent
l'inconvénient de dénaturer sa couleur originelle. Pour retrouver la couleur de l'or pur, le bijou fini est trempé dans un bain d'acide qui, en rongeant l'alliage sur la surface, ne montre que l'or fin, mis à nu.
Or, les bijoutiers anglais possèdent auXIXeme siècle une technique de mise en couleurs supérieure à celle des Français. Henri Vever raconte de manière amusante l'anecdote qui mit fin à cette « enviable supériorité » sous le Second Empire. Le bijoutier Jean-Paul Robin, que son confrère Baugrand harcelait pour aller à Londres surprendre le secret des rivaux, s'y décida brusquement, après qu'un de ses employés eut été « sournoisement débauché » par la concurrence. Le transfuge, un ouvrier nommé Monzer qui avait été attiré en Angleterre par un salaire exceptionnellement important d'une livre sterling par jour, livra à son ancien patron le secret de la mise en couleurs anglaise. Il résidait dans la composition du bain d'acide et le tour de main spécial qui assure le beau ton d'or rêvé », informations que Robin rapporta en hâte à Paris.


Rey, qui fut chef d'atelier chez Alexis Falize (le père), était un ouvrier extraordinaire, d'une habileté et d'une intelligence remarquables; il entra, après 1849, chez Robin qu'il avait connu dans l'atelier de Petiteau.  Baucheron et Soulens,Robin père, avait fait son apprentissage chez Simon Petiteau. Ce dernier (né à Châteauroux en 1782 et mort vers 1860) demeurait, à l'époque de la Restauration, rue de la Barillerie. C'était un joaillier adroit, faisant aussi de la bijouterie soignée . Plus tard, vers 183o, Petiteau transféra sa maison rue Saint-Honoré, hôtel d'Aligre et rue Bailleul,  Puis, avant 1845, il alla boulevard Montmartre.

A partir de 1860 il s'installe en France une certaine démocratisation des métiers de la bijouterie. Toute une gamme de bijoux est proposée à une clientèle de plus en plus nombreuse, de la couronne des Rois au petit bijou de deuil et ce jusqu'à la guerre de 1914. Paris est réputé pour la qualité de ses marchandises, mais nos métiers ne se contentent pas d une situation établie, et les bijoutiers-joailliers vont faire évoluer leur style, depuis les bijoux romantiques de Froment-Meurice ou les émaux de Falize jusqu'aux bijoux très audacieux de Fréderic Boucheron. Ils préparent les productions éphémères de "l'Art Nouveau" grâce aux oeuvres pleines de charme de Lalique, rendu célèbre par ses créations étonnantes de bijoux, puis de flacons de parfum, de vases, chandeliers, horloges .
Les Rois et les Reines, les industriels aisés, sont de plus en plus avides de nos bijoux, mais fait nouveau, nos bijoutiers répondent à la demande d'une bourgeoise montante qui s'enrichit.
 Eugène Paul avait emprunté aux Anglais l'Or Mat , et ce bracelet tête d'aigle ci-dessous en est la preuve


Un superbe bracelet qui est en vente chez James Robinson 480 Park Avenue, à New York.


L or mat, la qualité de la gravure!


A la mort de Jean-Paul Robin en 1869, ses deux fils Edouard et Prosper-Paul poursuivent l'affaire sous le nom de Robin frères.

Avant 1870, Oscar Massin, chef d' atelier chez Rouvenat en 1854, parti se former à Londres en 1856, installe en 1863 son propre fonds de fabrication et commence à exposer à son nom en 1867. Critiquant la « production détestable » des années 1820-1840, il compte parmi ceux qui veulent « faire renaître le goût » à la suite des « hommes courageux comme Morel Robin, Dutreih, Duron, qui vers 1840, tentèrent les premiers de relever notre industrie »


En 1873 Jean Paul Robin avait ramené de son voyage à Londres, les secrets de l'or mat, mais Jean-Paul Robin rapporte aussi de Londres le mousqueton à ressort et des bijoux composés de pavés quadrillés de turquoises, dont il réserve le monopole à Baugrand pendant quelque temps. Les médaillons, broches et boutons de manchette fabriqués selon ce procédé connaissent un grand succès à Paris.

S'il n'y avait eu le grand Vever pour tenir cet incroyable inventaire des joailliers du 18 et 19 eme, nous ne saurions rien des Robin.
Néanmoins, nous apprenons beaucoup grâce aux poinçons, ainsi en 1878;


Les frères Robin Edouard et Paul continuent l affaire de leur père et sont installés au 160 rue Montmartre


Etaient ils en étage sur la rue? où au fond de cette cour?
Edouard, l un des deux freres meurt en 1880, Prosper-Paul, né en 1843, va rester à la tête de la maison.


En 1881 Paul Robin va donc changer le poinçon, et remplacer le symbole de la Roue, par un éventail, ce qui nous permet de dater, par exemple ce bracelet que vient d'acheter un antiquaire, jusqu'à cette année installé au Louvre des Antiquaires "Gorky Antiquités" et qui vient d'être obligé de déménager au 18 rue Duphot à Paris dans le 1 er arrondissement.


Varujan Krisyan à l'enseigne "Gorky Antiquités" vient de l acquérir et il m' a donné l'idée de cet article sur Les Robin. On retrouve dans ce bracelet, le Jonc, dont, d'après Vever, la technique a été perfectionnée par Eugène Paul Robin.


D'ailleurs  Henri Vever dans son "Histoire de la bijouterie Française au XIX ème siècle" a publié ce dessin de broche Hibou en l'attribuant à Paul. 


Est ce une chouette où un hibou, je dirais "chouette". Les chouettes et les hiboux désignent différentes sortes de rapaces, généralement nocturnes, qui sont souvent confondues.
Bien qu'ils se ressemblent beaucoup, ce n'est pas la même espèce, les chouettes ne sont donc pas les femelles des hiboux. Ce n'est pas une différence de manière scientifique, les Hiboux ont de petites "aigrettes" : des petites plumes en formes de cornes et pas les Chouettes.



Apparemment le moule de la broche pouvait reservir pour le bracelet et de plus  le motif "Hibou" peut se détacher du bracelet afin de e porter en broche.


Et Varujan Krisyan m'ayant précisé le symbole du poinçon, un "éventail" ce bracelet est bien de Paul Robin.

Les bijoux les plus portés sous le Second Empire sont les bracelets : les femmes en portent à chaque bras, de modèles différents, équipés de crémaillères à cliquet qui en règlent la hauteur tout en servant de sécurité . Ils prennent toutes sortes de formes, celle d'un ruban plat couvert d'émail bleu transparent sur fond guilloché, celle d'un serpent enroulé autour du bras, celle d'un cercle volumineux et très large, léger, en or, orné de cinq où six grosses perles de Panama et de brillants ou encore de motifs d'émail vert et rouge. Le jonc, cercle cylindrique et étroit fabriqué le plus souvent en or uni, apparaît après 1865.
Peu de bijoux sont à l heure actuelle revenus sur le marché, c'est pourquoi cette broche-montre ci-dessous est la bienvenue pour nous montrer la qualité du travail de Paul Robin Fils 


Cette broche est en vente  chez Dekker Antiquairs, Ron Verburg-Dekker et Dick Verburg à Amsterdam.
La montre est une Jaeger-LeCoultre avec échappement à ancre, en platine mat, et or jaune 18 carats serti de 21 diamants peut être portée comme une broche et comme pendentif, Diamètre 5,8 cm. Poids 71 g Signé "Paul Robin ' Paris, vers 1885.



Monsieur Dekker précise, "Parmi ses pairs Prospère Paul était très respecté pour sa connaissance, la courtoisie et la nature amicale. Son surnom était Robin Le Grand, en partie à cause de sa taille."


Au faîte de l'art nouveau, Paul Robin n'est pas en reste avec les autres joailliers.


Peu d' oeuvres de ce genre fabriquées par Paul Robin sont connues, tel ce très beau pendentif Art nouveau que la maison Sotheby's situe vers 1900. En or, platine, opales, diamants.


Grand pendentif avec émail plique-à-jour représentant arbres, montagnes et nuages ​​encadrées par des branches d'or, des pommes de pin et des aiguilles de pin, Diamants taille ancienne pesant environ 1,75 carats, avec une opale coussin d' environ 4,5 par 4,0 cm, une opale en forme de goutte mesurant environ 4,5 par 2,3 cm., poinçons du fabricant, et de l'état.
Deux photos valent mieux qu'une, ces pendentifs se revendant rapidement et facilement ci-dessous photographie de Maître Pierre Alain Le Brech Commissaire-Priseur Habilité 7, rue Cadet - Paris






James Robinson de New York a vendu aussi, ce pendentif chimère de Paul Robin.



Les contours sont plus visibles sur un fond noir


Aux environs de l année 1900, des productions de la maison Robin, boutons de Manchettes, porte monnaie, épingles, bracelets, médailles, leurs célèbres bagues serpents.....un petit coté Hermes avant l heure.


Boucles de ceinture 


Voici un médaillon ouvrant Art Nouveau en or 750/1000° de la Maison Robin, daté et monogrammé, 1903, Paris. Un côté représente Juliette et de l'autre côté Romeo. Ce bijou est un médaillon, à partir de deux pièces avec la marque de leur propre maître  T.W. Sur le côté, deux fermetures cachées révélant deux compartiments, avec le poinçon de maître de Paul Robin. 


La galerie Tadema de Londres vend cette broche or jaune Saphirs Diamant de Paul Robin fils.


Dans la revue "l Aérophile" témoignage d'une discipline sportive très nouvelle, Paul Robin est membre comme beaucoup d'autres joailliers curieux de l avenir.

En 1904 : la revue de la Bijouterie écrit que c'est M. Paul Robin, vice-président de la Chambre syndicale, qui, entouré de MM. Chambin, Harleux, Radius, vice-présidents, de MM. Frey, M. Robin, Arvisenet, H. Templier, secrétaires, M. Durand-Leriche, trésorier, et des membres de la Chambre syndicale, a reçu M. le délégué du gouvernement et lui a adressé d'éloquentes paroles de bienvenue.
M. Paul Robin remplaçait dans la circonstance M. Louis Aucoc, président de la Chambre syndicale, retenu loin de ses collègues, pour cause de santé.


En aparté, c'est le tableau de ma promotion en 1960 à l'école de B-J-O de la rue du Louvre le personnage à l honneur était Leon Etienne Arvisenet, cité plus haut.

1905, des concours intéressants qui ne pourraient s'organiser de nos jours, et Paul Robin est membre de la commission.

1908 Revue :Art et Décoration:

La mode, sous Louis-Philippe, passa du style romantique au style viennois. Mais sous l'impulsion de Wagner,  de Froment-Meurice, la bijouterie reprit un caractère artistique. Sans doute ne chercha-t-elle pas encore à se moderniser, et subit elle l'influence de la Renaissance : du moins, ces artistes, qui étaient à la fois dessinateurs, modeleurs, ciseleurs, eurent le sentiment du bijou composé et harmonieux, qui n'était plus seulement une matière commerciale, mais un objet d'art.
Si le bijou ne trouva pas encore sa forme d'expression définitive, s'il ne sut pas se dégager complètement des modes surannées, il se perfectionna sous l'impulsion d'artistes chercheurs, intelligents et consciencieux. Nos grandes maisons de bijouterie actuelles datent de cette époque, et le règne de Louis-Philippe, marque en somme, avec les Robin, les Teterger, les Martial Bernard, la rénovation de l'art de la bijouterie.
Cet art traversa, avec le second Empire, une nouvelle période de décadence : ce fut alors le triomphe de la pierre. On utilisait presque exclusivement des diamants, dont on venait de découvrir de nouvelles mines, et on en faisait de lourds colliers, de somptueux diadèmes. La monture importait peu, pourvu que les pierres fussent éclatantes et belles.

En 1910 dans la revue Art et décoration, nouvelle importante:
Il vient de paraitre une édition, augmentée, du barème sur le Carat Métrique à 0grs20 permettant de trouver dans le carat la concordance d'un poids et d'un prix quelconques exprimés dans le carat ancien à 0grs 201, avec une préface sur l'origine du carat et sa réforme : par M. Paul Robin.
La vente de ce barème est faite au profit de l'Ecole professionnelle, de l'Orphelinat et de la Maison de Retraite de la Bijouterie, de la Joaillerie et de l'Orfèvrerie de la Chambre syndicale.
Se trouve à la Chambre syndicale, 2 bis, rue de la Jussienne ou chez l'auteur, M. Paul Robin, 160, rue Montmartre (Prix 5 francs).

En 1914, il semble que Paul Robin cesse d'exercer , en tous cas, il revend son affaire à Emile Simon.


Emile Simon va garder le symbole de l'éventail de Paul Robin dans son poinçon et occupe l'atelier du 160 rue Montmartre, quoique!!!! certains documents de la BNF précisent.....en plusieurs endroits!!!!


Je n'ai plus trouvé de trace de Paul Robin après 1914, mais il a dû conserver des fonctions bénévoles et syndicales car :
En 1917 Bureau international des poids et mesures:

Indications qui précèdent montrent clairement que, depuis la sanction donnée, par la Quatrième Conférence générale, à la proposition du Comité international, la réforme du carat a été pratiquement accomplie ; en effet, si même quelques pays n'y ont point encore procédé, on doit en chercher la cause dans le fait que le commerce des gemmes y est peu important, ou dans le désir d'incorporer la définition du Carat métrique dans une loi générale en préparation.
On remarquera, au surplus, que la réforme du carat est d'une nature très particulière. L'ancien carat était implicitement interdit dans tous les pays où le Système métrique est obligatoire, et son emploi ne pouvait bénéficier que d'une tolérance motivée par la situation exceptionnelle du marché des pierres précieuses et l'emploi international du nom de carat, sinon d'une valeur unique de cette unité de masse. Il eût donc suffi, pour abolir l'ancien carat, d'appliquer partout la loi avec la rigueur usuelle. Les lois autorisant le nouveau carat consacrent donc bien plutôt une facilité donnée à un commerce particulier, qu'une obligation nouvelle à laquelle il aurait à se soumettre. Ainsi qu'on l'a vu, le Gouvernement mexicain considère comme passagère la tolérance dont bénéficie le Carat métrique. Un jour viendra probablement où le commerce des gemmes sera astreint à l'emploi des unités métriques ordinaires; la fixation du carat au cinquième du gramme aura constitué alors une étape nécessaire, et d'ailleurs éminemment favorable à cette réforme définitive.
Afin de faciliter autant que possible l'accoutumance au nouveau carat et à ses subdivisions, des tableaux de conversion ont été publiés par M. Paul Robin et par M. Ymonet; un abaque très pratique, constituant une sorte de transformateur automatique, a été établi-par M. J. Conti. Enfin, une balance, également imaginée par M. Conti, et graduée directement en carats métriques, a été admise au poinçonnage par l'Administration française.

Le musée des Arts Décoratifs de Paris détient une collection très importante des cahiers de Dessin des Joailliers Robin et surtout de Paul, je vous invite à les consulter sur internet mais, la définition des images est faible, des planches de petites tailles, cela donne quand même un aperçu tres intéressant. Je vous en livre une petite partie ci-dessous.

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Et beaucoup d'autres pages de dessins  au musée des Arts Décoratifs:

 A propos du nom de Robin, Vever les a cité dans son 3 éme livre, il y eut M. Charles Robin le fabricant de bijoux avec Camées de la rue Croix-des-Petits-Champs, que l'on désignait couramment dans la « partie » sous le nom de Robin-Camée, (pour le distinguer de ses homonymes), Il n'était pas de la famille de Paul Robin; on l'appelait aussi Robin-Gueudet. Il s'est confiné dans la monture des bijoux avec camées à deux ou trois couches, qu'il encadrait soit d'un simple jonc en or poli, soit d'un entourage de demi-perles ou de roses et brillants. Son fils Alfred Robin, dit Robin-Chabannais, en raison de la rue où il demeurait, faisait de jolies demi-parures fantaisie. Après la guerre de 1870, il eut un certain succès avec des bijoux en onyx rehaussé de quelques brillants: bracelets, croix, médaillons, pendants d'oreilles.

Le Chabanais, située au no 12 rue Chabannais à Paris était l' un des 5 bordels les plus connus et des plus luxueux de Paris entre de 1878 à 1946 date à laquelleles maisons closes devinrent illégales en France suite à la loi de Marthe Richard,avec laquelle je ne suis pas apparenté!!!!!!
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Une suggestion, un complément, une critique? richard.jeanjacques@gmail.com



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