jeudi 19 février 2015

Lucien Gautrait, ou Leopold Gautrait , ou Lucien Gautheret, même homme?..... Qui est ce ciseleur-graveur?



LEOPOLD GAUTRAIT
ciselant une pièce, photo de 1923 transmise par sa  petite fille



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Cette signature se trouve sur nombre de bijoux, elle est présentée comme étant celle d'un bijou de Lucien Gautrait ou de Leopold Gautrait.

En réalité c'est la signature d'un modeleur ciseleur qui travaillait pour l' entreprise de fabrication de bijoux de Léon Gariod à Paris, mais son vrai nom était Leopold -Albert- Marin Gautrais avec un S et non un T.

Pourquoi cette recherche?

Une amie Isabelle Barthes, sachant que j aime ce qui fut fabriqué par Lucien Gaillard, me prévient d'une vente d'une broche de lui, je l'ajoute sur mon blog.


Mais juste  avant la vente, la maison Sotheby's previent que .....


Une erreur, ce n'était pas de Lucien Gaillard, mais de Lucien Gautrait, je me mis donc en quête de ce Gautrait que mon inculture ne m'avait pas permis de situer à l'énoncé de son nom.

Bizarrement de nombreux livres expliquent qu'on ne sait rien de lui et certains affirment qu'on n'est pas sûr du tout, de l orthographe de son nom, ni d'où il vient!
Certains affirment, d'autres doutent, la plupart indiquent 1865-1937, j'ai donc commencé par me rendre aux archives numérisées de l état civil de Paris, j'ai fait les 20 arrondissements 1864-1865-1866, pas une naissance d'un Gautrait.
J'ai compulsé les ouvrages sur les expositions Universelles, il y en avait à peu près tous les ans, rien !!! Les journaux de l époque...ne connaissent pas, les salons....non plus. Ah, enfin  un premier signe.


Un article de la revue Littéraire du Maine sur un Gautrait qui a exposé au salon des Champs Elysées.


J'ai lu plusieurs fois ces trois prénoms, il ne reste plus qu'a vérifier si la Sarthe a numérisé ses états civils, ouf! c'est le cas



Clovis Gautrais (cela s'écrit avec un S) et Modeste marie Madeleine Loyer ont eu un enfant, Leopold-Albert Marin Gautrais, fils de Tisserand et futur bijoutier né a Roullée dans la Sarthe le seize octobre 1865.

Pourquoi un "S"  alors que tous l'écrivent avec un "T" en agrandissant son acte de naissance, on peut voir que son père écrit son nom différemment de ce qui est noté sur l acte de naissance, puisqu'il signe "Gautret"
Il ne faut pas s'étonner de le voir cité aussi avec l orthographe "Gautheret".
Je cherchais sur le net ,et un site avec lequel j'ai déjà eu des échanges notait:



Oui, mais la marque montre bien que la dernière lettre n'est pas un T.
Mais depuis l écriture de cet article, j'ai trouvé d'autres éléments




En 1859 un certain M Tonnelier s'était associé avec Mr Gaucher pour monter un atelier à Paris. D'après Vever, Gaucher resta seul à la tête de l'affaire et c'est en 1875 que Gaucher s'associe avec Leon Gariod et le laissa chef unique dès 1884"



En 1875 le Journal Officiel publie les formations de nouvelles sociétés, Gaucher s'associe avec Léon Gariod.
Toujours d'après Vever : Gariod se spécialisa dans la fabrication de bracelets souples, chaînes d'or mat rehaussées de pierres; ces bijoux simples et riches à la fois, d'une excellente exécution, avaient un grand succès. Depuis, Gariod s'est fait remarquer par ses jolies broches, ses pendants de cou d'inspiration moderne ou classique.


1886 Dessin de Leopold Gautrait

En effet en 1894, Leopold Gautrais(t) qui avait étudié aux Beaux Arts sous la direction de Mr Rouffosse, présente au salon de la société des artistes français, un vase en cire "Les Quatre Saisons" qui sera moulé en 1895 et qui est actuellement conservé au musée des arts décoratifs à Paris (Cf note de Mme Evelyne Possémé conservatrice ) il est à cette époque domicilié au 105 rue des dames à Paris.


Plus tard il habitera au 49 rue Rivay à Levallois perret (immeuble ci-dessous)


C'est d'ailleurs la Ville et l immeuble ou il est décédé en 1937.

Il rentre chez Leon Gariod comme ciseleur Modeleur, et dans son livre tome 3, Vever cite que Gariod fabrique de beaux bijoux: "mais toujours d'une réelle recherche et d'une distinction parfaite, que modèle et cisèle avec infiniment de talent M. Gautrait, son fidèle collaborateur."

Ce sont des bijoux Art Nouveau  avec des Motifs de Paon inspiré de Gustave Beaugrand .


Une des broches Paon de Gustave Beaugrand

Gautrait contribuera à produire des hirondelles, des têtes féminines, des fleurs émaillées, des broches Orchidées en émail opaque.



Evelyne Possémé conservatrice des Arts décoratifs considère que ce bijou est le plus connu de Gautrait et Gariod. Il aurait été réalisé en 1900 et acheté par le Victoria et Albert Muséum en 1901 qui le décrit ainsi:
Pendentif en or sous la forme d'un paon mâle affichage, décoré avec plique-à-jour émail et sertie de diamants Rose et brillant, d'opales et d'émeraudes. Avec une goutte d'opale. Signé avec les initiales du fabricant.
L historique du bijou est signalée ainsi par le V&A:Acheté par le Musée au Salon de la Société des Artistes Français, Paris, 1901. Les autres versions de ce bijou sont connues pour exister.
Ce qui est étonnant c'est qu'un aussi grand Musée écrive, Lucien au lieu de Léopold.



Une grande maison de vente a vu ce bijou repasser entre ses mains, et elle note au catalogue:(excusez ma traduction) :conçu comme deux cygnes stylisés opposés, leurs cous formant des boucles pendantes, pendentif art nouveau plique à jour, par Lucien Gautrait, revendues par BOUCHERON.
Encadrant un panneau plique-à-jour représentant le soleil couchant sur ​​un lac suspension une goutte perle unique, suspendu avec une chaîne fantaisie après 1890, les marques françaises pour l'or, 64.4cm de long, écrin de Boucheron
Signé L Gautrait



Archives de la maison Boucheron

La Maison Boucheron avait été surprise de voir la légende de Christie's et Claudine Sablier l historienne de la maison, m'a précisé:
Cette pièce figure dans mes livres de stock sous le numéro : n° 11 476 – fabrication en 1899 – il s'agit d'un pendentif de cou orné de 2 cygnes sur fond d'émail, avec 2 perles , 1 perle poire de 22 grs 4 – 1 diamant 0,03 carats - a été vendu en mars 1899 – repris en mars 1901 et revendu en mai 1901 mais sans les 3 perles - le collaborateur de Boucheron qui a fait cette pièce était Gariod –
C'est Christie's qui a annoncé que le modèle avait été dessiné par Gautrait. Moi je n'ai pas ce nom dans mes livres.


Mais aussi très souvent, Gautrait est cité comme ayant fabriqué pour Vever, par exemple:




Madame Cailles et Mr Salit dans leur livre "le prix des bijoux" nous expliquent bien que ce bijou est de Vever en 1895 (Gautrait n'a travaillé chez Gariod qu'a partir de 1897) et qu'il s'est adjoint fréquemment la collaboration de Gautrait comme graveur, mais ce n'est pas Gautrait qui a fabriqué les bijoux pour Vever , mais Gariod.


Voici ce bijou de nos jours

Pour ce qui est de "Gautheret" plusieurs le nomment ainsi, par exemple ce site
http://dekorata.ru/NN/03/Lucien-Gautrait.html
Sur un autre bijou de vente chez Sotheby's on peut lire:

OR 18 CARATS ET PLIQUE-À-JOUR ÉMAIL PENDENTIF COLLIER, L. GAUTRAIT, POUR VEVER, PARIS, VERS 1900 Conçu comme un oiseau pourchassé dans un paysage boisé, au rez-de bleu pâle et vert plique-à-jour l'émail, les arbres accentués avec émeraudes cabochon, 'un diamant lune ancienne mine, ancrée par un diamant et perle en pendentif , suspendu à une chaîne en or décorée avec un lien de feuillages sertie d'un cabochon émeraude , signé L. Gautrait et Vever, Paris, la marque de fabricant pour Leon GARIOD,




Bijou indiqué par Vever comme étant de Gariod 

Il convient donc de se poser la question! que veut dire cette définition que j ai souligné en rouge?
Celui qui a fabriqué le bijou, qui en a été responsable légalement du point de vue de la qualité, qui est donc défini comme fabricant est Léon Gariod.
Ce bijoutier, "Leon Gariod" a un employé raveur,ciseleur,modeleur,certainement de grand talent à qui il va permettre de valoriser le bijou en apposant une marque qui est en réalité un poinçon, certainement en acier qui permet de frapper ce sigle "L Gautrait" .
Cela provient d'un accord entre le fabricant et son employé, pour souligner l' importance du travail de son employé, mais c'est bien Lèon Gariod qui facturera le bijou à Vever joaillier de la rue de la Paix.
Vever apposera aussi une signature sous forme de gravure sur le Bijou. nous nous trouvons devant un cas classique comme Van Cleef & Arpels et tant d'autres qui faisaient fabriquer leurs bijoux par des artisans de grande valeur.
Ce qui est regrettable dans ce procédé , c'est quand les grandes marques n'associent pas les artisans et leur talent à leur nom, et de nos jours, rien n'empêcherait (par exemple) notre Président François Hollande de se faire passer comme grand joaillier sans avoir jamais touché une lime.

 


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En revanche cette broche est indiquée par la maison Sotheby's comme étant de Léon Gariod et apparemment aucune marque de Gautrait.
Alors qui avait les idées de conception et de dessin? Gariod ou Gautrait?
Et cela repose la question, pourquoi Gariod a t il laissé son collaborateur mettre une marque sur certains bijoux?


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Pendentif en or jaune, formé d'un motif végétal en émail plique à jour agrémenté d'une fleur émaillée rose, une perle en pampille, la bélière sertie de petits diamants taillés en rose (un diamant manquant et très petits manques à l'émail. Signé au dos et numéroté. Poids brut : 12,9 g - Haut. : 4,8cm.




Ce bijou est décrit par la maison de vente comme étant de "Lucien Gautrait"
La chaîne avec maillons en or avec un péridot, un péridot taille coussin, diamant taille rose et vert pâle insecte en émail, avec diamant taille rose pour les yeux, diamant taille rose et péridot ailes, avec un péridot et diamant en forme de poire , monture en or 18 carats, vers 1900, 20
Signé L. Gautrait Lucien Gautrait


 

Bijou de Gariod-Gautrait


Gautrait vendu par Christie's




DETAILS & CATALOGUING

MAGNIFICENT JEWELS

 | 
NEW YORK



Gold, Platinum, Plique-à-Jour Enamel, Diamond and Pearl Necklace, Lucien Gautrait, France
Supporting a kite-shaped pendant depicting sunflowers amidst a nautical sunset, applied with plique-à-jour enamel in blue, green and yellow hues, accented by old mine and old European-cut diamonds weighing approximately .70 carat, suspending a pearl drop measuring approximately 9.1 by 7.0 mm, length of upper chain 21 inches, signed L Gautrait, with French assay mark; circa 1900.



Cela n'empeche pas Sotheby's de noter Lucien Gautrait, Mais il reste que c'est une très jolie pièce



En revanche cette broche est indiquée par la maison Sotheby's comme étant de Léon Gariod et apparemment aucune marque de Gautrait.
Alors qui avait les idées de conception et de dessin? Gariod ou Gautrait?
Et cela repose la question, pourquoi Gariod a t il laissé son collaborateur mettre une marque sur certains bijoux?




En revanche cette pièce est notée Léopold Gautrait



Chez Sotheby's cette pièce est notée Lucien Gautrait


Cette broche qui était en vente sur "jewels du jour" et qui ressemble beaucoup a celle du début de cet article est notée Lucien Gautrait, le prénom est faux, mais pas de poinçon de Gautrait visible , est ce une reproduction récente d'apres les moules donnés par Gautrait?



Ce bijou a été vendu comme étant en plaqué or émaillé, de Gautrait avec un diamant?????



Ce bijou a été vendu par la maison Tajan comme étant de "Lucien GAUTRAIT",il indique sur catalogue:
Rare plaque de cou chardons, elle est de forme rectangulaire légèrement cintrée.
Au centre un décor de chardons finement repercé, de grandes fleurs et feuillages. Les fleurs sont émaillées gris à mauve en résille. Les feuillages sont émaillés en camaïeu de vert.
Elle est enrichie de diamants taille brillant (TA) incolores et de couleur champagne en sertissure et d'un fin entourage de diamants taillés en rose sur la bordure.
Monture en or jaune.
Travail français signé L. GAUTRAIT, portant son poinçon de maître et numéroté.Poids brut : 43,7 gr. (peut être portée en broche) Lucien GAUTRAIT (1865-1937) trouve sa meilleure expression à l'époque Art Nouveau dans le sillage de Lalique. Modeleur et ciseleur il exécute des modèles naturalistes finement ciselés et émaillés, pleins de charme.

Mais il n'a pas de poinçon de maitre à cette époque, et il ne s'appelle pas Lucien



18 Karat Gold, Enamel, Pink Sapphire, Natural Pearl and Diamond Pendant-Necklace, Lucien Gautrait, Maison Gariod, France (legende du catalogue)
Un gros progres: Sotheby's note Gautrait Gariod, mais persiste sur Lucien




Sur son catalogue, la maison Tajan a noté ce qu'ils appellent son poinçon de Maître, ceci n'est pas un poinçon de Maître, mais une signature.
D'après Evelyne Possémé, a partir des années 1905, Gautrait change de style , mais est ce Gautrait, ou Gariod qui change de style ?



1905 L Gautrait


En 1905, commence le déclin de l'Art nouveau, ce fut un mouvement artistique qui est apparu en 1890, réaction contre la reproduction sclérosante des grands styles. En peu de temps, ce "mouvement" va faire le tour du monde.
En France ceux qui n aimaient pas l'appelait le style nouille, voir les merveilleuses bouches de métro de H. Guimard, mais grâce a lui, l'art descendait dans la rue, mais il déclencha aussi une réaction de la part des conservateurs et ce mouvement ne dura pas très longtemps.
Pendant dix ans on évolue vers plus de géométrie, survient la guerre, qui nous amènera une très belle période l'art déco de 1910 à 1940.

Gautrait-Gariod vont ils évoluer vers des formes plus géométriques?




La gazette drouot écrit LEOPOLD GAUTRAIT
Collier draperie en or et perles orné d'un motif ovale émaillé à décor de cornes d'abondance encadrant un saphir taille marquise - Vers 1905 - Poids brut: 10,5
Eh bien non , Gautrait Gariod , curieusement nous sortent un mélange tel ce collier, une construction en collier d'"Esclave" des petits noeuds Louis XVI, beau travail de ciselure, mais décalé dans le temps.


Personnellement je pense que Françoise Cailles dans son livre "le prix des bijoux" se trompe, ce n'est pas du Gautrait de 1890, mais d'après 1905, c'est de son nouveau style, inspiré de louis XVI, guirlandes de roses, des bustes, des bouquets, des petites roses.



New Style, mais c'est un peu comme si Jean Vendome en 1970 avait décidé de revenir au style de bijoux des années 50



Enamel, seed pearl and diamond necklace, Gautrait, Circa 1900
Of foliate and garland design, applied with guilloché enamel, highlighted with seed pearls, circular-cut and rose diamonds, length approximately 430mm, French assay and maker's marks for Lucien Gautrait, fitted case.(vente de Sotheby's)



Site langantiques.com Les fameuses petites roses




Dessins de Drais tirés du livre de Ducrollay , le livre est au Musée Victoria et  Albert Muséum, et ces dessins ont 125 ans, publiés 3 ans avant la mort de louis XVI.





En revanche ce pendentif est postérieur à 1905 et serait de Gautrait, Christie's explique: "Lucien Gautrait" était l'un des joailliers les plus notables de la période Art Nouveau, bien connu pour ses motifs de paon et bien émaillage. Il a commencé sa carrière en travaillant pour Léon GARIOD comme un modeleur et ciseleur vers 1900". Mais ce n'est pas de l art nouveau.

Il est tellement notable comme dit Christie's, que pas un journal ne parle de lui.

Evelyne Possémé dont j'admire les grandes connaissances écrit dans le Dictionnaire international du bijou:

"que certaines pièces art nouveau de Gautrait avec diamants ne portent que la signature de Gautrait  qui après 1820 et jusqu'en 1930 continua a travailler  pour une clientèle particulière en réalisant des pièces de joaillerie ou des plaquettes commémoratives en métal"

Mais sous quel poinçon? avait il un poinçon de Maître le responsabilisant vis a vis de nos service de la garantie ou faisait-il fabriquer par un autre joaillier que Gariod? J'espere avoir une réponse des services de la Douane.

C'est un mystère, les maisons de ventes aux enchères et les marchands n'ont pas creusé l'historique de Gautrait et se sont recopiés les uns les autres.
Personne ne signale les poinçons.
Certains bijoux sont ils des originaux ou des reproductions, c'est une impression qui se dégageait de mes recherches avant que Carine Miller (antiquaire en bijoux de la rue Saint Honoré) n'attire mon attention, et de plus, selon les indications fournies par madame Possémé dont je cite le texte scrupuleusement:

"Il semble que Leopold Gautrait ait vendu la plus grande partie de ses moules Art Nouveau a un bijoutier allemand de Pforzheim vers 1905-1910, certains modèles auraient été réédités dans les années 1970"

Alors? prudence car quelles étaient les raisons d'acheter les moules, certainement pas pour les regarder rangés dans un placard, et puis les rééditions!!!!
http://www.lefigaro.fr/culture/encheres/2012/11/29/03016-20121129ARTFIG00368-dali-signer-n-est-pas-jouer.php

S'il n'y avait que Dali!

Donc il convient de bien vérifier les poinçons, verifier qu'il n'y a pas surmoulage ou poinçonnage récent de la garantie française.
Et puis ce jour 19-02-2015, j échangeais sur sa mort a Levallois Perret avec Isabelle Barthes, et elle me répond, j habite a Levallois Perret . Elle a proposé d 'aller de suite à la mairie et elle m'a adressé la copie de son acte de décès.


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J'ai tort-raison ou raison-tort (néologisme personnel) Il est mort sous le nom GAUTRAIT, il a failli mourir Gantrait, son père sur l acte de naissance avait signé Gautret avec un E, mais l'état civil de sa naissance avait noté Gautrais avec un S, sur l'acte de naissance il est né le Seize octobre 1865 et sur l acte de décès le Seize Novembre 1865.Un petit mystère.
La plus grosse erreur c'est Lucien, il n'y a jamais eu de Lucien Gautrait, c'est bien Leopold Albert Marin.
J'ai cherché à nouveau à savoir comment il était passé de Gautrais à Gautrait, j'ai donc avec les tables décennales, verifié si Leopold Gautrait n'aurait pas eu d'enfants, j'en ai trouvé deux



Une fille Hélène Louise



Un autre fille  Germaine Leopoldine Gautrait

Et voila qui explique sa signature inscrite sur les bijoux qui m avait laissé penser que c'était un S






C'est donc bien un "T". Une signature doit singulariser la personne c'est-à-dire ôter tout risque de confusion avec une autre personne, même à la signature similaire, et la spécificité de sa signature est un trait qui démarre au travers du T en se dirigeant vers le bas a gauche.

Le poinçon de marque dont il se servait est bien la copie de sa signature manuscrite.

Reste une réflexion: les vendeurs d'occasion, et surtout les maisons de ventes publiques vont ils rectifier?

Eh bien, cela dépend des jours, ainsi à New York le 26 avril 2017.





Lot 91
COLLIER PENDENTIF EN ÉMAIL, PERLE, DIAMANT ET OR ART NOUVEAU, PAR LUCIEN GAUTRAIT

Suspension d' un pendentif conçu comme une tête de femme renversée, se terminant par un corps de serpent, déployant des ailes en émail plique-à-jour bleu pâle, vert et blanc, l'extrémité d'un pendentif en émail blanc, vert et blanc. la queue du serpent suspendant un collier serti de diamants et de perles, mesurant environ 6,65 x 7,75 mm, surmonté d'un motif de serpent, centré sur un diamant marron clair ancien, complété par un collier de maillons en or, vers 1900, 16 1/2 ins. (longueur de la chaîne), 3 3/4 ins. (pendentif et surmonté), avec la marque de dosage française pour l'or 18 carats 
Signé L. Gautrait

Donc c'est toujours Lucien, mais une bonne surprise

Christie's Geneve le 13 novembre 2017, j'etais présent!!!


Cette bague est au catalogue et a été annoncée à la vente comme étant de Leopold Gautrait

J ai en revanche demndé a rencontrer une personne responsable de Christie's, l expert  Mr Lunel est parti , il est revenu seul.....je voulais juste lui dire que Esther Van Cleef ne s'était jamais appelée Estelle, il m'a dit que "c'était terminé , on sait tous que c'est Esther" je lui ai ouvert le catalogue...Estelle Van Cleef

https://histoiredesvancleefetdesarpels.blogspot.fr/2015/03/esther-van-cleef-ne-sest-jamais-appelee.html

Mais a Noêl 2017 la petite fille de Leopold Gautrait prend contact avec moi et grace à sa fille plus à même des nouvelles techniques me scanne des dessins et des photos et pour la première fois, je reçois une photo de Leopold que je me suis empressé de mettre au début de cet article.



Dessins de 1925



Dessin d une médaille  1933


Madame Chevreux , la petite fille de Leopold a gardé aussi ces billets


Ces factures de Dollot et Lesne sont importante car elles nous indiquent que Gautrait dorait au mercure



Sa carte d 'electeur de 1935


Dessin de Gautrait sur sa maison natale


Grace à  Google Maps, j'ai retrouvé la ferme qu il avait dessiné





La Société des cendres existe toujours  j'ai adressé ces deux factures a la société et Mr Denis Cosnard m'a autorisé a publier son histoire

Rue des Francs-Bourgeois, de l’or dans les cendres

La Société des cendres. Un nom mystérieux, un rien inquiétant. Dans l’immeuble qui porte cette inscription, cependant, pas de messes noires ni de cadavres.
Le secret du 39, rue des Francs-Bourgeois est à chercher ailleurs : derrière sa façade classique se cache une usine, l’une des dernières qui ait fonctionné dans le Marais. Elle n’a cessé de tourner qu’en 2002, et les machines sont encore sur place, intactes, prêtes à redémarrer. Sa fière cheminée de brique rouge, haute de 35 mètres, reste bien visible du jardin Francs-Bourgeois-Rosier, juste à côté.

Ce n’était pas une usine comme une autre. Des « laveurs de cendres » y oeuvraient. Un métier méconnu. Il consiste à traiter les déchets des bijoutiers et joaillers, afin de récupérer l’or, l’argent ou encore le platine qui s’y trouvent mêlés à toutes sortes de poussières.

Le grand atelier et la verrière (septembre 2011)
Jusqu’au milieu du XIXème siècle, cette activité était confiée à des professionnels. Mais les orfèvres et autres bijoutiers parisiens trouvaient le service mal effectué et trop coûteux. Ces intermédiaires « ont fait de cette opération une industrie fort avantageuse pour eux, au grand détriment du commerce de la bijouterie », pestaient-ils. 
En 1859, les bijoutiers choisissent donc de s’occuper eux-mêmes des rognures et autres limailles minutieusement récupérées dans leurs ateliers, et créent à cette fin un outil commun, la Société des Cendres. Une sorte de coopérative, dont les clients – plus de 500 spécialistes des métaux précieux - sont aussi les actionnaires. 
"Cette société ayant pour but bien plutôt d’éviter les pertes que de faire des bénéfices, il était important qu’elle n’eût ni les allures, ni les conditions d’existence des sociétés qui se créent pour la spéculation", précisent les motifs des statuts. Les décisions sont ainsi prises selon le principe « un homme, une voix », quelque soit le nombre de parts détenues par chacun.
Le 39, rue des Francs-Bourgeois tel qu’on peut le voir aujourd’hui a été construit pour cette jeune société en 1867. A l’époque, les grands bourgeois du Marais étaient partis pour le faubourg Saint-Germain, et le quartier avait été livré à l’industrie. Le bâtiment sur rue, avec son bel escalier en spirale et les pièces qui servaient de bureaux, présente tous les traits d’un hôtel particulier. En haut de la façade, une inscription précise toutefois clairement l’activité effectuée sur place : « Fonderie d’or et d’argent, traitement des cendres, essais et analyses »
A l’intérieur, un escalier en pierre s’appuyant sur une partie de l’enceinte de Philippe Auguste permet d’accéder au sous-sol, occupé par un haut-fourneau et des meules en fonte. Au rez-de-chaussée se trouve un autre four, dans un grand atelier doté d’une charpente métallique et coiffé d’une verrière. Il y avait aussi là, auparavant, une machine à vapeur alimentée par une chaudière « Belleville », des moulins, des mortiers, des pilons.  

Au sous-sol, Gilbert Deze montre l'utilisation
de la double meule (septembre 2011)
Les clients bijoutiers venaient avec des sacs de 50 à 500 kilos contenant la poussière qu’ils avaient récupérée les mois précédents. Ces déchets étaient brûlés, puis les cendres étaient broyées afin de les réduire en poudre. Les étapes suivantes consistaient à tamiser puis laver ces résidus pulvérisés, avant de leur appliquer un traitement chimique à base de mercure. Il permettait de séparer les matières précieuses, et de les agglomérer, pour retrouver des lingots d’or. 

« Pendant tout ce temps, les clients étaient là, à surveiller ce que devenaient leur poussière contenant de l’or ou de l’argent, se souvient Gilbert Deze, un ancien « cendrier », venu faire revivre la maison à l’occasion des Journées du patrimoine, en septembre 2011. Le soir, si le travail n’était pas fini, on scellait le sac, et seul le client pouvait le rouvrir le lendemain. »Partant d’un sac de 50 kilos, il fallait au moins 250 grammes d’or pour que cette série d’opérations soit rentable. « Un jour, on a récupéré 8 kilos ! »

La cheminée vue de l'atelier principal
(septembre 2011)
L’activité s’est poursuivie quasiment sans changement jusqu’au début du XXIème siècle. "Elle a occupé jusqu’à 100 personnes lorsque nous traitions les pellicules Kodak argentiques, raconte Gilbert Deze. On a terminé à 25."


La Société des cendres existe toujours. Elle a déménagé à Vitry-sur-Seine, en banlieue, et s’est reconvertie dans le négoce de produits pour la prothèse dentaire et l’orthodontie. Elle comptait encore 120 actionnaires en 2009. 
Quant à l’immeuble des Francs-Bourgeois, il ne va pas rester longtemps figé tel qu’il était lors du départ des derniers salariés, avec son monte-charge antédiluvien, ses bidons remplis de boue séchée et sa grande horloge arrêtée sur 11h07. Le propriétaire souhaite réaménager les lieux. Uniqlo est sur les rangs. Le géant japonais de l'habillement a obtenu le feu vert de la Commission départementale d’aménagement commercial pour installer sur place une boutique de 1.300 m2. Ouverture prévue en 2013. Mais promis-juré, la meule de 7 tonnes et la cheminée resteront en place, en mémoire de l’or du Marais. 

Le fronton de la façade, rue des Francs-Bourgeois



Lettre du musée des arts décoratif remerciant madame Gautrait (Chevreux) pour les oeuvres et documents reçus en don


L acte de décés de Leopold Gautrait


Dessins d un bracelet en or de Gautrait, non documenté et non daté


Véritable touche à tout de la ciselure sur toutes matières voici des cachets  pour cire, en argent



Apparemment une empreinte en caoutchouc pour ses cachets



Cachets gravés

Merci à Evelyne Possémé, conservateur en chef au musée des arts décoratifs.

 Leopold Gautrait fabriquait aussi des cadres pour photographies, sa petite fille en possède toujours





Voici quelques dessins de cadres , ont ils été réalisés??




Ceci est un grand cadre pour un miroir



Dessins pour les décors de ses cadres


Bordure de cadre


Motif ciselé pour cadre


Dessin pour un cadre



Sa carte de visite


Dessins de son style post art déco


Ce dessin et celui qui suit sont interessants, car il sont en reliefs




Autre dessin mais quel usage?

Dessin de lézard! a quoi le destinait-il?




Dessin de pendentif


Très beau dessin d'une boite en or avec tour diamants


Il realisa beaucoup de modèles de croix


Dessin d un bouton de rose



Medailles et croix de Gautrait








Très beau bijou de Leopold Gautrait

  

Dessin du sceau de sa chevalière





Photo agrementée par Leopold Gautrait d un de ses vases quatre saison, très beau travail de repoussé et ciselé



Je termine par un portrait de sa fille réalisé par lui.



Merci à Leonore van der Waals,
A isabelle Souppe
A Carine Miller
A Isabelle Barthes
A Claudine Sablier

Mes mails comme d habitude adressés aux grandes maisons de vente ont du être piratés car je n'ai pas reçu de réponses j'ai pourtant confirmé par téléphone......

Des compléments? des remarques constructives, vous pouvez m'écrire : richard.jeanjacques@gmail.com


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