samedi 8 février 2014

Boucheron: le Joaillier de Marcel Proust dans à la Recherche du temps perdu:




Quelle note aurais-je au questionnaire de Marcel Proust?
C'est pourquoi je me garderais de commenter son oeuvre, mais notre écrivain appréciait notre grand Joaillier Boucheron au point de le citer six fois dans son livre "Le coté de Guermantes"


Marcel Proust, cliquer pour agrandir toutes les photographies
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Boucheron le Joaillier de sa famille l'inspira au plus haut point. Cela prouve le succès de Boucheron dans les années 1900.




C'est une rare photo de Frederic Boucheron, elle m'a très gentiment été prêtée par les descendants de Radius , l associé de Frederic Boucheron, elle fait partie de la "collection Radius et Margelidon"

Si cette photo est très classique, la suivante prise plus tard  Fredéric est costumé , surprenant!!! Mr Margelidon a joint un petit texte
"Ces deux photos sont issues d’un album en ma possession provenant de mon arrière-grand-père Georges Radius, neveu et collaborateur associé de Frédéric Boucheron."


Frederic Boucheron ouvre sa première boutique en 1858 dans la Galerie de Valois, au Palais Royal, à cette époque le lieu a la mode pour le luxe. Quelques années plus tard, il ouvre un atelier. En 1865, il s'adjoint son neveu Georges Radius, qui restera dans la maison jusqu'en 1919.En 1893, Frédéric Boucheron s’installe au 26 place Vendôme dans la résidence de la Comtesse de Castiglione

Frederic Boucheron a donc connu Virginia Elisabetta Luisa Carlotta Antonietta Teresa Maria Oldoïni, Comtesse de Castiglione .


C'était une célèbre espionne, aristocrate piémontaise, maîtresse de Napoleon III, l'une des plus belle femme du siècle.
Elle aime être photographiée, elle aime son image, l'effet qu'elle produit sur les hommes et l Empereur, mais après 1880 elle souffre de neurasthénie et de misanthropie car elle ne peut se voir vieillir, elle se terre, voile ses miroirs. et ne sort qu'a la nuit tombée de son appartement au 26 place Vendôme qu'elle quittera en 1893 ou 1894 pour aller rue Cambon, en effet la Castiglione était locataire du nouvel acquéreur Frederic Boucheron et celui ci voulait agrandir son magasin dans les étages. elle décéda en 1899.
Il y a toujours a l'étage chez Boucheron ce bureau dont les murs sont laqués




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Imaginons dans ce fauteuil notre grand écrivain Marcel Proust désirant choisir avec sa mère un collier.Proust était très attaché a sa mère.Une relation si exclusive et absolue que Marcel lui écrivit : « J’aime mieux avoir des crises d’asthme et te plaire que te déplaire et ne pas en avoir. »





Frederic Boucheron meurt à 71 ans couvert de gloire pour la qualité de sa vie. 
Le portrait de Frédéric est toujours placé dans cette pièce du premier étage place Vendôme, mon auriculaire m'a dit que ce portrait avait été réalisé après sa mort.  Ces photos du magasin ont été  réalisées par moi.

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Ce sont les anciennes plaques de marbre qui se trouvaient sur les murs extérieurs du magasin, elle sont conservées au chaud au premier étage.
Mais si vous vous retournez!!!


Vous avez cette vue plongeante sur le magasin.





C'est son fils Louis Boucheron, qui lui succède en 1902 et qui continue magistralement l'oeuvre du père, c'est donc lui qui a connu Marcel Proust.

Marcel Proust écrit un roman en sept tomes, "A la recherche du temps perdu" qui sera publié entre 1913 et 1927, trois volumes du roman étant parus après sa mort, c'est une réflexion sur la littérature, la mémoire et le temps.
Le premier volume : Du coté de chez Swann, puis à l ombre des jeunes filles en fleurs, le Coté de Guermantes 1 et 2, Sodome et Gomorrhe 1 et 2 , la Prisonnière, Albertine disparue, le temps retrouvé.
C'est le "Coté de Guermantes" qui nous intéresse vous trouverez en fin d'article le résumé de ce livre par Wiki.



C'est le magasin "Boucheron" que Proust a dépeint dans son livre


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Voici l'intérieur du magasin que connurent Marcel Proust et ses parents, cette très belle balustrade en bois tourné du premier étage a disparue, remplacée par une balustrade en vitres et armature alu-bronze(je crois), personnellement je le regrette, mais....
Mais qu'écrit ce "narrateur-Proust" au sujet de "Boucheron"


"Je lui ferai aujourd'hui si elle est gentille, me dit-il, un cadeau qui lui fera plaisir. C'est un collier qu'elle a vu chez Boucheron. C'est un peu cher pour moi en ce moment trente mille francs. Mais ce pauvre loup, elle n'a pas tant de plaisir dans la vie.Elle va être joliment contente.
Elle m'en avait parlé et elle m'avait dit qu'elle connaissait quelqu'un qui le lui donnerait peut-être. Je ne crois pas que ce soit vrai, mais je me suis à tout hasard entendu avec Boucheron qui est le fournisseur de ma famille, pour qu'il me le réserve."


 

Montre en Jadéite, diamants, réalisée en collier
par Boucheron avant 1920 



Ecoute, tu sais, je t'ai promis le collier si tu étais gentille, mais du moment que tu me traites comme cela...
— Ah ! voilà une chose qui ne m'étonne pas de toi. Tu m'avais fait une promesse, j'aurais bien dû penser que tu ne la tiendrais pas. Tu veux faire sonner que tu as de l'argent, mais je ne suis pas intéressée comme toi. Je m'en fous de ton collier. J'ai quelqu'un qui me le donnera.
— Personne d'autre ne pourra te le donner, car je l'ai retenu chez Boucheron et j'ai sa parole qu'il ne le vendra qu'à moi"


Boucheron , collier émeraude, onyx diamants
perles fine, Boucheron circa 1920 vendu par Christie's 


C'est bien cela, tu as voulu me faire chanter, tu as pris toutes tes précautions d'avance. C'est bien ce qu'on dit Marsantes, Mater Semita; ça sent la race, répondit Rachel répétant une étymologie qui reposait sur un grossier contresens car Semita signifie sente et non Sémite,mais que les nationalistes appliquaient à Saint-Loup à cause des opinions dreyfusardes qu'il devait pourtant à l'actrice. Elle était moins bien venue que personne à traiter de Juive Mme de Marsantes à qui les  ethnographes de la société ne pouvaient arriver à trouver de Juif que sa parenté avec les Lévy-Mirepoix. Mais tout n'est pas fini, sois-en sûr. Une parole donnée dans ces conditions n'a aucune valeur. Tu as agi par traîtrise avec moi. Boucheron le saura et on lui en donnera le double de son collier. Tu auras bientôt de mes nouvelles, sois tranquille. Robert avait cent fois raison."


 
Autre collier de Boucheron
des années 20(Christie's 

je crois que j'ai eu tort dans cette affaire du collier, me dit Robert, Bien sûr je ne l'avais pas fait dans une mauvaise intention, mais je sais bien que les autres ne se mettent pas au même point de vue que nous mêmes.
Elle a eu une enfance très dure. Pour elle je suis tout de même le riche qui croit qu'on arrive à tout par son argent, et contre lequel le pauvre ne peut pas lutter, qu'il s'agisse d'influencer Boucheron ou de gagner un procès devant un tribunal. Sans doute elle a été bien cruelle,moi qui n'ai jamais cherché que son bien Mais je me rends bien compte, elle croit que j'ai voulu lui faire sentir qu on pouvait la tenir par l'argent et ce n'est pas vrai. Elle qui m'aime tant, que doit elle se dire! Pauvre chérie, si tu savais elle a de telles délicatesses, je ne peux pas te dire, elle a souvent fait pour moi des choses adorables. Ce qu'elle doit être malheureuse en ce moment! En tout cas. Quoiqu'il arrive je ne veux pas qu'elle me prenne pour un mufle, je cours chez Boucheron chercher le collier.


Collier de Boucheron, Année 1910 Christie's

Pourquoi ce rapport avec la Judéité, La mère de Proust, née Jeanne Clémence Weil, est la fille d'un agent de change d'origine juive Alsacienne et Lorraine. Son père, le Dr Adrien Proust est professeur à la faculté de médecine de Paris , il est un grand hygiéniste, conseiller du gouvernement pour la lutte contre les épidémies.

Il fut un soutien de Dreyfus, quoique certains auteurs trouvent que par opportunisme il se réveilla un peu tard, mais ce n'est plus de la bijouterie


Marcel Proust aurait pu voir ce collier de Mrs Ronald Greville commandé par elle à Louis Boucheron en 1907 et livré en avril 1908.



Cette Jeune et jolie femme, héritière multimillionnaire, va léguer tous ses bijoux à la Reine d'Angleterre, Queen Mary, qui offrira en cadeau de mariage, ce collier de Boucheron à sa fille Elisabeth II.

Autre Collier Boucheron, qu'aurait pu connaitre Marcel Proust 

Résumé du volume "Du Coté de Guermantès"

Dans cette première partie de l'œuvre, le narrateur et sa famille déménagent dans l’hôtel des Guermantes. Le narrateur se rend alors au théâtre afin de voir, pour la seconde fois de sa vie, La Berma dans le rôle de Phèdre mais cette nouvelle occasion d'entendre une artiste qui lui avait « causé tant d'agitation » ne le tente plus. Il se met à regarder la princesse de Saxe qui se trouve en compagnie de Mme de Guermantes. Se sentant favorisé par un sourire qui lui est alors discrètement adressé, le narrateur ressent le désir impérieux de revoir Mme de Guermantes, et s'arrange pour la voir tous les jours en imitant ses promenades matinales. Mais fatiguée de devoir quotidiennement saluer cet importun, Mme de Guermantes le prend en horreur, ce qui attriste le narrateur, incapable de rompre sa perverse habitude, qu'il sait pourtant pernicieuse pour tous deux. Le voyage du narrateur à Doncières est une occasion pour lui de revoir Saint loup ; c’est aussi à ce moment que l affaire Dreyfus est abordée pour la première fois. Et lorsqu’il rentre à Paris, les choses ont changé : sa grand-mère est malade, l’hiver touche à sa fin et Mme de Guermantes est encore plus inaccessible. Saint-Loup revient alors à Paris et invite le narrateur à rencontrer sa maîtresse qui est finalement « Rachel quand du Seigneur », une cocotte que le narrateur avait fréquentée dans sa jeunesse. Il ne dit cependant rien à Saint-Loup tandis qu’ils arrivent dans un restaurant où une dispute éclate entre Rachel et Saint-Loup, le jeune homme ne supportant pas que sa maîtresse jette des regards sur d’autres hommes. Une dispute plus grave éclate entre les deux amants un peu plus tard dans les coulisses d’un théâtre, et Saint-Loup, irrité, gifle un journaliste parce que la fumée de la cigarette de ce dernier importune le narrateur. Le narrateur se rend au salon deMadame de Villeparisis, et croise successivement, Bloch, Mme de Guermantes, Legrandin, M de Norpois, M. de Guermantes, Mme de Cambremer, M. d’Argencourt, Saint-Loup, la mère de celui-ci, Mme Swann, et le Baron de Charlus Saint-Loup éprouve des remords d'avoir refusé un collier de Boucheron à sa maîtresse ; il quitte alors la réunion au regret de sa mère. À la sortie de cette réunion, le baron de Charlus accompagne le narrateur et lui propose de diriger sa vie, mais en tenant ensuite des propos antisémites sur la famille de Bloch. Après avoir demandé au narrateur de lui faire rapidement part de ses intentions, il fait un étrange choix de fiacre, après en avoir refusé plusieurs. De retour chez lui, le narrateur découvre que la maladie de sa grand-mère s’est aggravée. On appelle alors Cottard à son chevet, mais on lui préfère finalement le docteur Boulbon qui prétend que la maladie est simplement nerveuse. Le narrateur reçoit alors une lettre de Saint-Loup qui l’accuse de perfidie en raison de sa conduite lors de la réception de Mme de Villeparisis. Le narrateur se rend ensuite aux
Champs-Élysées avec sa grand-mère, mais celle-ci est alors victime d’une attaque.
Des commentaires, richardjeanjacques@wanadoo.fr

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