vendredi 3 janvier 2014

Mellerio, Bracelet de Marie Antoinette! un autre mystere .


Une célèbre chanson paillarde clame haut et fort:
Si tous les cocus avaient des clochettes
on n's'entendrait plus sur notre planète

De même  j'ecrit haut et fort
Si tous les colporteurs étaient joailliers
Même Cartier serait failli et coulé

Reprenons cette histoire des Mellerio; Des colporteurs italiens prétendent avoir sauvé le Roi Louis XIII d'un complot.
Quel complot?, j'ai cherché  et je n'ai pas trouvé de complot contre le Roi Louis XIII, en dehors de celui ce 1642 du marquis de Cinq-Mars et c'était surtout contre Richelieu.
Aucune recherche historique sérieuse n’a pu prouver l’existence d’un complot de conjurés mis au jour par des Lombards.
Or  dans le Livre de Joseph Mellerio qu'il écrit en 1893 et sur qui les communicants de la Maison Mellerio s'appuyent il est bien écrit :

Cliquer sur toutes les images pour les agrandir

Les Conspirateurs furent arrêtés et exécutés:  Lesquels? ou?
Émilie Bérard et Marie-Émilie Vaxelaire peuvent -t-elles nous éclairer?

En 1613 , d'après les mémoires de Joseph Mellerio


Le Roi , leur donne un privilège car ces ramoneurs ne peuvent vivre décemment avec leur métier de fumiste, mais il ne les autorise qu'a  vendre "du Cristal taillé, quincaillerie et autre menue marchandise meslée "

Donc Joaillier depuis 1613 est une affirmation tendancieuse.

Les Mellerio peuvent donc colporter de menus ouvrages, d'autant qu'en 1721 sont mis dans les menus ouvrages les "croix, tabatieres, etuys, boucles, boutons, et boites de montre en or"

Un arrêt du Roi en 1755 confirme que Jacques Mellerio est toujours colporteur en menus objets de bijouterie, donc commerçant ambulant en bijouterie oui! ...joaillier non.

Une historienne de nos métiers, Jacqueline Viruega est en désaccord avec les historiennes maison(bien que je reconnaisse qu'elles écrivent sur ordre), je la cite.

« François Mellerio (1772-1843), venu en France en 1784, reste à Paris sous la Révolution, s’engage dans l'armée républicaine, est en 1796 commis chez un bijoutier milanais. En 1801, il ouvre rue du Coq-Saint-Honoré une maison modeste mais qui réussit bien. Présenté à Joséphine, il fait des affaires avec les bonapartistes et devient le fournisseur de l’impératrice. En 1815, il s’installe avec son frère Jean-Jacques Mellerio au 22, rue de la Paix, sous la raison sociale Mellerio dits Meller frères ».

Je suis du même avis, dans ce cas c'est 198 ans. 

Or fait nouveau, en 2013 la presse dans son entier, commente les dépèches que lui adresse le service de presse de la maison Mellerio, ce qui donne

 Blouin Art Info
L'activité de joaillerie de l'entreprise familiale débute en 1613 après que Marie de Médicis a accordé à Jean-François Mellerio, ainsi qu'à la colonie lombarde, le privilège de vendre des cristaux taillés sur le territoire de France. Les livres de comptes de l'époque révèlent une clientèle hors norme dont la reine Marie-Antoinette. - See more at: http://fr.blouinartinfo.com/news/story/971404/les-400-ans-de-mellerio-dits-meller-le-joaillier-des-reines#sthash.MaCpIFDQ.dpuf

Le journal Le Point entres autres  Royal
Marie Antoinette achète au joaillier en 1781 un bracelet composé de camées et de rubis.
Il serait judicieux de demander à Catherine Pégard qui fut une éminente journaliste du Journal Le Point, de faire des recherches maintenant qu'elle est conservatrice au Chateau de Versailles
Que disent les mémoires de Joseph Mellerio?

On parle de dame d'honneur, et de jeune Marchand


Alors d'ou vient ce bracelet photographié en 1935 et attribué comme Bracelet de la Reine Marie Antoinette vendu par Mellerio? fabriqué par Mellerio.


Ce document sur lequel est photographié ce bracelet "de bien moyenne facture" est un amalgame, car il ne concerne en rien Marie Antoinette, Mellerio, ou ce bracelet, cette lettre patente porte sur la suppression des lapidaires en pierres précieuses qui vont devoir être rattachés à la corporation des Joailliers



Le 31/3/1935 a lieu une exposition dans la galerie Mellerio au profit des "Enfants paralysés de France" comme en témoigne le journal "La Croix" qui historiquement est le journal qui rend compte le plus des activités de la famille Mellerio.
Comme l'article publié dans la Croix et repris dans les archives de "Gallica" n'est pas très net, je vous en recopie le texte

Exposition rétrospective du « Bijou d'autrefois» C'est une Exposition très curieuse, au profit de l'œuvre L'aide aux enfants paralysés. Elle est, faite dans la galerie de Mellerio, dit Meller, 9, rue de la Paix, à Paris, sous la direction de M. Camille Gronkowski, conservateur honoraire des musées de la Ville de Paris. Non seulement Exposition curieuse, parce qu'on y trouve nombre de choses bizarres et fantaisistes, mais surtout Exposition émouvante.
Car les siècles, ici, défilent devant nous, dans une absolue authenticité, depuis le sévère diadème mérovingien jusqu'à des souvenirs de la Révolution française, .sanctifiés par le martyre. La miniature que Marie-Antoinette donna à la princesse de Lamballe avec une mèche de ses cheveux, le crayon de Louis XVI et le yo-yo en or avec lequel Ii petit dauphin jouait au Temple. Le dernier cadeau de Napoléon à SainteHélène à son fidèle Montholon. un splendide envoi du baron Maurice de Rothschild le collier de Charles-Qulnt, et une adorable Annonciation, bijou merveilleux, clou de l'Exposition, et dont les lucides émaux ont l'éolat d'un vitrail de Bourges, et les vieux bijoux de nos ancêtres.
Tout cela, et bien d'autres choses encore. sans compter les calices anciens, les croix ouvragées, les vieux reliquaires et une orfèvrerie pleine d'histoire. Il y a là une heure exquise à passer devant des choses artistiques, historiques et très précieuses, reunies en une Exposition unique et qu'on ne reverra jamais plus. L'entrée est gratuite et l'Exposîtion durera jusqu'au samedi 6 avril, de  10 heures du matin à 6 h. du soir.

Et c'est donc ce même Mr Camille  Gronkowski qui publie aussi un article que reprend Mellerio




Là aussi, je crois bon de vous restituer le texte qui nous intéresse, 

"Cette journée faste nous apporta encore une nouveauté qui vient de s'ajouter aux souvenirs de Marie Antoinette , de Louis XVI et du Dauphin.C'est un bracelet formé  par une suite de Camées reliés par une monture de Rubis , La Reine le portait fréquemment et il est toujours resté dans la famille De Castelbajac"



Sur ses deux articles, Mr Camille  Gronkowski ne cite pas Mellerio comme fabricant, mais on extrapole jusqu'a l affirmer.



Or si Louis XIII, XIV, XV, ont beaucoup aimé les Camées, j'aimerais qu'on me trouve un camée de Marie Antoinette, pour moi les camées, ce n'était pas son quatre heures, mais...je n'ai peut etre pas les bonnes sources? 

Si les historiens d'HISTORIA, pouvaient nous trouver le coffre fort ou il est enfermé ce bracelet...nul doute que les poinçons nous aideraient surtout que ce doivent être des poinçons de l'ancien régime, avant la révolution!
Le Couturier JC de Castelbajac pourrait il nous aider, je le lui ai demandé. Mais il y a de nombreuses branches...., famille extraordinaire d'ailleurs


Certains renchérissent.

Mellerio : « Mon joaillier Meller », disait Marie-Antoinette.
Article publié dans le magazine Histoire d'entreprises.

Même en le photographiant sur une copie d'un papier de 1781, cela ne donne pas de paternité a ce bracelet, la lettre patente du 17-3-1781 n'ayant rien à voir
.


La photo n'est pas nette, mais je crois que ce sont plutôt des camées coquillages. Les Camées en pierres dures ne sont pas sertis de cette façon. Le relief est plus net dans les camées pierres dures comme le Camée d'Auguste ci-dessous.




Ce qui est étonnant , à propos de l'article de Mr Gronkowski  (qui ne dit pas que c'est Mellerio qui a fait ou vendu ce bracelet! ) c'est qu'en cherchant des articles de l'époque 1935 sur cette exposition, aucun (mais je n'ai peut etre pas bien cherché), aucun ne parle du bracelet de Marie Antoinette ou Castelbajac, or cela aurait été un évènement!!!
J'en publie quelques uns


Ci dessous le texte concernant l expo dans le journal femme de France




Ci dessous , le journal Vogue de Mars 1935


visitant l'exposition et de gauche à droite, la Comtesse Charles-Louis de Vogué, Miss Ann Jephson, Mlle Floriane de Kergorlay, Mlle de Lévis Mirepoix, dans VOGUE 1935

Dans la galerie accueillante et d'harmonieux esprit moderne de Mellerio dits Meller, sous ce titre" L'Orfèvrerie et le Bijou d'Autrefois ", une bien captivante rétrospective s'est ouverte le mois dernier, organisée sous le plus brillant patronage, au profit d'une œuvre du plus haut intérêt, L'Aide aux Enfants Paralysés
Elle nous a permis d'admirer un étonnant ensemble de pièces d'orfèvrerie, de bijoux, de boîtes, de pendentifs, de colliers, prêtés par des collectionneurs et dont l'attrait artistique se doublait souvent d'un grand intérêt historique.
On reconnaîtra, sur la page opposée, visitant l'exposition et de gauche à droite, la Comtesse Charles-Louis de Vogué, Miss Ann Jephson, Mlle Floriane de Kergorlay, Mlle de LévisMirepoix, et l'on admirera quelques uns des joyaux parmi les plus remarqués : à gauche, le grand collier de Charles-Quint, en or, somptueusement orné de perles, de rubis, de brillants, avec son pendentif présentant une femme assise sur un trône et portant deux enfants ; au-dessus un pendentif du xvie siècle orné de rubis et de perles, tous deux de la collection du baron Maurice de Rothschild ; tandis qu'au centre un très beau collier en brillants à pampilles, d'époque Louis XIV, fait partie de la collection du Marquis des Isnards, et qu'à droite un charmant collier en or émaillé blanc avec petits rubis, accompagné de son pendentif, appartient à Mme Lucien Sauphar. Le diadème en émeraudes et brillants exécuté pour le mariage de la Comtesse Lebzeltern, en 1824, est de la collection de la Princesse de Robech, de même que le léger bouquet de corsage en turquoises et brillants également reproduit ; la charmante broche aux trois couleurs enfin, en émaux et turquoises, signé Mellerio, époque 1830, appartient à Mlle de Soubeyran.



Le Journal des Débats de 1935

Il y a donc des mystères dans l histoire des Mellerio.

Et je serais heureux de recevoir des mails explicatifs et probants que vous pouvez adresser à richardjeanjacques@wanadoo.fr

Je m'empresserais de rectifier si jamais une erreur s'était glissée dans mon article
J'ai d'ailleurs reçu le commentaire d'un grand antiquaire parisien en bijouterie joaillerie, son avis mérite d'être publié 

"Mon sentiment est que ce bracelet date plutôt de la première moitié du 19e siècle que du 18e siècle...Il est raide et la facture n'est pas digne d'un grand joaillier travaillant pour une commande royale ! Il me semble qu'il s'agit de grenats plus que de rubis... Sinon, les camées pourraient être de la fin du 18e (mais plus probablement de la première moitié du 19e...) Les sujets des camées ne s'accordent guère au goût de Marie-Antoinette..." 

Je suis en accord avec lui sur les grenats et la datation.
Cet autre commentaire d un spécialiste des bijoux royaux

Si je vous ai bien lu, l'appartenance à la famille Castelbajac repose sur l'affirmation d'un obscur journaliste de La Croix... Les journalistes étaient-ils plus fiables jadis qu'ils ne le sont aujourd'hui... ?Ce qui me surprend davantage encore, c'est que je n'ai jamais lu que Marie-Antoinette avait compté parmi ses proches un/une Castelbajac. Or ceux qui ont reçu des bijoux de sa part étaient ses intimes : sa soeur Marie-Caroline ou la comtesse de Sutherland par exemple.
 Pour le reste, le récit très "fleur bleue" d'une rencontre fortuite entre le jeune et pauvre marchand et la puissante reine devant les grilles de Versailles, me paraît correspondre à cette légende que les Mellerio ont façonné très tôt pour asseoir leur notoriété. Je ne leur en veux pas, car c'est de bonne guerre. Mais je ne tombe pas dans le piège pour autant.

Au sujet de la différence entre les camées en pierre dure et les camées "coquillage", je ne suis pas sûr de vous suivre. Je manque de connaissances en la matière. Sans abuser de votre temps ou de votre patience, puis-je vous demander de m'éclairer davantage ?

Bien à vous,

Camille Gronkowski, auteur de l article a été longtemps conservateur du petit Palais à Paris, il est mort en 1949, il a écrit de nombreux ouvrages dont

Titre 
Exposition Rétrospective: L'Orfèvrerie et le bijou d'autrefois .
Auteurs
Camille Gronkowski, H. R. H. Princess Isabelle Duchesse de Guise
Éditeur Galerie Mellerio, 1935 Longueur 65 pages
Je ferais un article sur les camées, très bientôt pour vous répondre.


Bonsoir Jean-Jacques,

J'admire vos qualités de chercheur. Je serais curieux de savoir comment vous avez découvert que le bracelet appartient aux Castelbajac.
Ainsi que vous l'avez peut-être remarqué, ce bracelet ne figure pas dans l'album dédié aux joyaux de la Couronne de France. Moi aussi, j'ai eu des doutes sur la certitude de sa provenance
Mais peut-être vos prochaines aventures me feront changer d'avis ! Je ne demande pas mieux, à vrai dire.





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