mercredi 24 août 2011

Les Grands Bals généreux de la Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie et horlogerie

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Cette affiche date de 1904, mais cette tradition des bals organisés par notre profession avait déjà plus de cinquante années d'existence, et j'ai joué pour l un des derniers bals au Zimmer dans les années soixante avec l'orchestre que nous avions monté à l école de bijouterie de la rue du Louvre
 Le Zimmer à l'angle du théatre du Chatelet, une très belle brasserie, un lieu magique d'une rare beauté et de plus, chargé d histoire.
Ces bals servaient  à récolter de l'argent pour l'école, l'orphelinat et la maison de retraite de la bijouterie.

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Et si on cherche un peu, on est surpris de voir la qualité des gens qui composaient le bureau de la Chambre Syndicale.
Ainsi en 1904, c'était "Aucoc" qui en était le président ,
Et en 1936 : Mr Ettlinger président de la chambre syndicale
Louis Boucheron président de la maison de retraite
Mr Marret President de l orphelinat
Mr Grandjean, President de la société Amicale


 mais pendant de très nombreuses années, l'âme de cette chambre était "Frédéric Boucheron"
Monsieur Michel Baldocchi, le directeur pédagogique de l'école de la rue du Louvre a eu la gentillesse de m'adresser quelques pièces concernant ces bals et notre dérniere maison de retraite qui se trouvait à Garches, de mon coté, j'ai pu trouver d'autres documentations. 

Boucheron, Falize, Chaise, Fontana, Linzeler, Mellerio !!!
Un site internet nous apprend que l histoire du bal  commence en 185 à Amiens pour le mariage de Charles VI et Isabeau de Baviere

Et apparemment nos métiers  ont fréquenté les meilleures salles! 

En dehors de ces établissements publics et du bal de l'Opéra, il a  existé un certain nombre de salles où les sociétés de secours mutuels, de bienfaisance, donnaient (et donnent encore parfois) des bals dits de société, à entrée payante, dont le produit est destiné à soulager des misères; les salles du Grand-Hôtel, de l'hôtel Continental, de l'hôtel du Louvre, etc., étaient généralement les lieux choisis pour ces réunions philanthropiques qui étaient très suivies : faire la charité en s'amusant est une invention qui date du XIXe siècle. Aujourd'hui l'alibi charitable est devenu un ingrédient ordinaire de beaucoup de divertissements. (L. F. P.).

En 1903 par exemple, le bal de la Chambre Syndicale avait été donné aussi au Grand Hôtel. Les salons, splendidement décorés et éclairés étaient trop petits pour contenir tous les danseurs, le Grand Hôtel et l Hôtel du louvre rivalisaient de confort, de richesse d'élégance, avec les plus grands de Londres ou New York.
Tout organisateur se devait d engager  l' excellent orchestre de Desgranges, unanimement apprécié.
Beaucoup de jolies femmes et de jolie toilettes et cette année là une innovation, on offrit a toute dame venue au bal un bon de tombola avec  la certitude de gagner un joli lot pour chacune.
Le ministre du Commerce et madame Trouillot sa femme était présent avec son chef de cabinet, Monsieur Saint: Le directeur du Cabinet ,Mr Chaftal, Monsieur Sohier le président de la Chambre de Commerce, Mr Tantet le maire du 3 eme arrondissement,des conseillers municipaux, Mrs Lefebvre et Brunet juges au tribunal de commerce, Mr Falco president de la chambre syndicale en diamants,
 Mr Boin nous représentant à la chambre de commerce, Henri Vever

Le grand Vever était  le vice président de la fraternelle, notre société de secours mutuel mais aussi Paul Templier  qui était président  de l Orphelinat, Mr Thomas President de la BJOH, etc etc 


Au mois de Mars, nouveau Bal .
le Bal de l'Orphelinat de la B.J.O.H qui avait lieu cette année là le 21 mars. Ce fut un concert-promenade (Le principe des « concerts promenades » remonte aux 18 et 19 eme siecles : l’alliance des grands espaces, le plaisir de la rencontre en plein air, le mystere et la surprise de la belle musique) programme  des plus attrayants dirigé par MC Bourdeau qui plus tard dirigea les choeurs de l'Opéra.
Les billets étaient en vente 3 place des Victoire chez Templier.


Et ce n'est pas tout, à l'automne le grand bal de la Bijouterie, Joaillerie, Orfevrerie et Horlogerie.
Au Palis d'Orsay, une grande fête au profit de la caisse de secours de la BJOH.
un salon du palais d'Orsay
Plus de deux mille personnes se pressent dans les salons resplendissants de fleurs et de lumiere, les deux organisateurs le president de la B.J.O.H. Mr Julien Thomas et Monsieur Lefebvre se tiennent à l entrée et accueillent tous les invités qui se répandent ensuite dans les salons, les dames ont toutes de claires et ravissantes toilettes et rehaussent de leur élégance et de leurs bijoux le cadre somptueux.
Sont arrivés au début de cette merveilleuse fête, Le Général Gouverneur de Paris, Mr le président de l orphelinat de la bijouterie , Mr Richard et Madame Richard,  Mr Henri Vever  qui est exposé au Musée d'Orsay en 2011 mais les photos de ses bijoux sont payantes alors je vous propose un autre bijou de la Maison Vever et Eugene Grasset
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Vers onze heures le bal est des plus animé, les galants valseurs conduisent leurs danseuses aux sons mélodieux de l orchestre que dirige avec brio Mr Bosc le chef d 'orchestre de l'automobile club de France.
A minuit, arret général des danses, pour une execution démonstration d'un "Cake Walk" Le  cake walk est une danse populaire née parmi les Noirs de Virginie. Apparu vers 1870, il fut importé en Europe vers 1900 via le music-hall.
Le rythme du cake-walk fut repris par le ragtime(wikipédia)






C'est le couple "Darlus" qui fait la demontration, c'est la danse dont parle tout le monde et le public applaudit généreusement , ils obtinrent un vrai et grand succes et firent des adeptes dans l assistance.
La recette de la soirée dépassa toutes les espérances et la caisse de la B.J.O.H. pourra grace a cette fête soulager bien des infortunes.
Il n'y avait pas a cette époque la sécu et autres, mais notre profession était bien organisée.
Il fallait donc trouver de l argent pour nos orphelins et nos retraités, en 1900, nous n'avions pas une belle maison de retraite, mais plus tard, la chambre syndicale reçut en don, une grande propriété sur les hauteurs de Garches , et des Soeurs s'occupaient de nos gens agés.
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Malheureusement faute de moyens , elle fut vendue en 1974, ce sera l objet d'un prochain article qui sera consacré à Frédéric et Louis Boucheron qui ont beaucoup fait pour l aspect social de nos métiers 


1 commentaire:

  1. Bonjour Monsieur
    notre association prépare une exposition, dans laquelle nous aimerions évoquer l'orphelinat de la bijouterie qui se trouvait à Lavilletertre (oise) jusque dans les années 1950
    nous recherchons éventuellement des anciens orphelins qui pourraient témoigner
    au plaisir de vous lire
    jacqueline briand
    jbriand@cegetel.net

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