mardi 22 juillet 2008

Daisy Fellowes:une femme. Un collier: Cartier




Daisy Fellowes n'a pas laissé que de bons souvenirs, mais elle a commandé ce Collier. cliquez pour agrandir la photo, 


Cartier l'a fabriqué, en platine, diamants , saphirs, rubis gravés et 13 saphirs couleur caractéristique des Saphirs de Ceylan, taillés en briolette.

Marguerite Séverine,Philippine, Decazes de Glucksbierg (Atchoum!) est née en 1890 , à Paris Son père ( je ne donne que son premier prénom) Jean Decazes est le 3 eme duc Decazes and Glucksbierg, sa mère, Isabelle Blanche, est l'héritière des machines à coudre Singer.Elle a 20 ans lorsqu'elle épouse le Prince Jean De Broglie. Celui-ci décède en 1918 , elle se remarie en 1919 avec Réginald Fellowes.

Cecil Beaton: Sotheby's

Certains la décrivent comme élégante, sportive, pleine d'humour , elle fut même rédactrice au Harper's Bazar.

Richissime, elle avait réuni une collection de bijoux signés, Cartier, Van cleef et Arpels, Boivin, Schlumberger......une vraie publicité pour ces marques, car elle est citée à chacune de ses sorties par la presse internationale.
Elle aime surtout les bijoux de style Hindou, et achète ce grand collier.....pour ne le porter qu'une fois, au bal masqué donné par le Carlos de Bestegui, dont la famille avait fait fortune en exploitant des mines d'argent au Mexique. Au passage , je vous signale que Monsieur de Bestegui fut un généreux donateur pour nos musées français.


D'après jean Noel Liaut, dans son livre biographique sur Hubert de Givenchy chez Grasset,
La seule vocation de l'honorable Daisy Fellowes, arbitre des élégances et romancière très mineure - pour ne pas dire plus -, fut de devenir inoubliable. Elle consacra à cette tâche chaque seconde de son existence, et ce jusqu'à sa disparition en 1962. Petite-fille d'Isaac Singer, l'inventeur de la machine à coudre, elle ne gardait aucun souvenir de sa mère, qui s'était suicidée alors qu'elle avait quatre ans. Imprévisible et élitiste, autant que séduisante et fortunée, Daisy, qui s'autorisa très vite à distiller son sadisme naturel avec jubilation, n'aimait rien tant que tendre des embuscades. On parle encore de l'un de ses dîners - donné en pleine canicule dans une pièce surchauffée et hermétiquement close - où elle n'avait rassemblé que des convives se haïssant : une épouse et la maîtresse en titre de son mari, un couple de divorcés ou encore un écrivain et un critique littéraire ayant assassiné son dernier ouvrage. Logique venant d'une femme qui trouvait seyante la couleur mauve des hématomes et offrait de la cocaïne en guise d'aspirine à ses femmes de chambre migraineuses.
Estimant n'avoir aucune justification à fournir - l'une des clés psychologiques de l'excentricité -, guidée par son seul plaisir, elle adorait apparaître détestable et, manipulant choses et gens au gré de ses impulsions, collectionnait maris, courtisans, génies, maisons et œuvres d'art. Pour certains, Daisy n'était qu'une héritière désœuvrée, toujours à la recherche de sensations inédites, quel qu'en fût le prix, et dont les actes n'étaient qu'un tissu d'absurdités. Pour d'autres, elle faisait « penser à quelque divinité du monde grec ou romain dont les amours, les caprices, voire les cruautés suscitent plus d'admiration que d'indignation. Etre distingué par elle est une faveur ; devenir sa victime est une façon de ne pas être tout à fait inconnu . » Bien entendu, ses enfants n'échappèrent pas au jeu de massacre. A tel point qu'un jour, se promenant au bois de Boulogne avec un ami, Daisy remarqua un groupe de petites filles exquises et s'écria : « Qu'elles sont élégantes ! Connaît-on leurs parents ? » La nurse, à qui elle s'empressa de poser la question, lui répondit : « Ce sont les vôtres, madame. » Elles survécurent tant bien que mal.
La plus connue, Isabelle, écrivit un roman onirique, Maldonne, des poèmes et une biographie de l'énigmatique « Masque de Fer », consacrant de longues heures à des séances de spiritisme avec une voyante afin d'entrer en contact avec lui dans l'au-delà. La jeune femme, dont la grande fierté était de descendre, par son père, de madame de Staël, pensait que de sa tombe son illustre ancêtre guidait sa plume et l'aiderait à devenir une artiste accomplie. Agacée par les prétentions bas-bleu de sa fille, Daisy - un sourire aux lèvres - lui avoua ne plus savoir très bien qui était son géniteur. « J'ai eu tant d'amants... » Cette pensée tortura Isabelle jour et nuit. Son sang pouvait-il ne pas être celui de l'auteur de Corinne ? Elle en perdit la raison. Un matin à l'aube, la police la découvrit, hagarde et pieds nus, errant dans les rues de Paris en chemise de nuit. On l'interna peu après.


Mais elle nous a laissé ce collier magnifique, oeuvre de CARTIER, le style "tutti frutti" réalisé avec une profusion de rubis, saphirs , émeraudes gravées et diamants ramenés d'Inde, et formant des entrelacs de branchages multicolores, couverts de fleurs et de fruits.


En 1901 , meurt la Reine Victoria qui fut impératrice des Indes de 1876 à sa mort, la Maison Royale était en possession d'une importante collection de bijoux Indiens, ais ces bijoux étaient des bijoux d'hommes, lourds, raides, et la nouvelle Reine Alexandra fit appel à Pierre Cartier pour créer un collier à partir de ces bijoux. Les dessinateurs parisiens firent merveille et composèrent un collier de style indien , léger et élégant. A partir de 1910 et surtout dans les années 20, Jacques Cartier fait venir de véritables trésors achetés aux Maharadjahs. C'est évidemment Jeanne Toussaint directrice artistique de la maison Cartier qui supervise ce style "Tutti Frutti" 
Cartier décompose les lourds colliers des maharadjahs pour recomposer des bijoux féminins. 



















Photographie Collier Mrs Fellowes catalogue Cartier autres photos Cartier tirées du livre de Mr Hans Nadelhoffer

1 commentaire:

N hesitez pas a laisser des commentaires, meme anonymes et je répondrais