dimanche 12 août 2007

Propos d'Henri Bosco sur le bijou



... C'ÉTAIT DONC A L'AUBE DES AGES LORSQUE CECI EST ARRIVÉ.
ALORS L'HOMME PRENAIT LENTEMENT CONNAISSANCE DE SOI, DE LA TERRE ET DE L'UNIVERS. ALORS LA PIERRE, LE MÉTAL, LE DÉSIR, LA PENSÉE, ANIMÉS D'UNE OBSCURE SYMPATHIE COMMENCÈRENT A SE CONFRONTER.
CAR DE LA PIERRE ET DU MÉTAL ÉMANAIT UN ATTRAIT ENCORE INDÉFINISSABLE, MAIS FORT.
IL CRÉAIT UN DÉSIR ÉTRANGE AU CŒUR DE L'HOMME.
DÉSIR QUI ATTIRAIT LA PENSÉE VERS LA PIERRE ET VERS LE MÉTAL ENCORE CAPTIFS.
LE DÉSIR DÉSIRAIT CES CHOSES INCONNUES, MAIS RESTAIT IMPUISSANT A EN FAIRE TOUT SEUL DES CHOSES CONNAISSABLES, DES CHOSES QU'ON PEUT POSSÉDER.
ET C'EST POURQUOI IL EN APPELA SI PASSIONNÉMENT A LA PENSÉE QUE CELLE-CI S'ENFONÇA, LAMPE EN MAIN, DANS LES TÉNÈBRES AU SEIN DE LA MATIÈRE, ET EN DÉTACHA L'OR ET LE DIAMANT.
MAIS C'ÉTAIT DANS LEUR GANGUE,
ET la pensée brisa la gangue.
ET L'OR FAUVE SE MIT A LUIRE, LE DIAMANT A ÉTINCELER.
OR, PEU A PEU, LE PUISSANT SORTILÈGE QUI HABITAIT CES CORPS NOUVEAUX, LIBÉRÉ DE LA GANGUE, RAYONNA SI INTENSÉMENT AU DEHORS QUE L'HOMME ÉBLOUI, ÉBRANLÉ, PÉNÉTRÉ DANS SA Chair, ENVOUTÉ JUSQU'AU FOND DE L'AME, SE SENTIT LIÉ AU MÉTAL ET A LA PIERRE.
SOUDAIN, 'IL ÉTAIT POSSÉDÉ.
MAIS CETTE POSSESSION LUI DONNAIT DE TELLES DÉLICES QU'IL VOULUT A SON TOUR POSSÉDER QUI LE POSSÉDAIT. C'EST CE Qu'ON APPELLE L'AMOUR. ET L'AMOUR UN PEU FOLLEMENT SE VEUT DURABLE.
POUR LE RENDRE TEL, L'HOMME INGÉNIEUX CONÇUT CETTE IDÉE ADMIRABLE DE LES ASSOCIER
DE LES UNIR, ET D'INVENTER POUR LUI, ET POUR LUI SEUL, UN OBJET ENCORE INCONNU DE LA TERRE.
AINSI FUT CRÉÉ LE PREMIER BIJOU, L'ANNEAU FONDU DANS L'OR MAGIQUE OU ÉTINCELAIT LE DIAMANT.
MAIS TOUJOURS CURIEUX DE CONNAITRE, L'HOMME DÉCOUVRIT BIENTOT UNE RELATION IMPRÉVUE ENTRE LE MÉTAL, LA PIERRE ET LES ASTRES.
CAR, APRÈS LE DIAMANT UNI A L'OR, IL AVAIT INCRUSTÉ A L'OR D'AUTRES PIERRES, LE RUBIS, L'ÉMERAUDE, LE SAPHIR, LA TOPAZE, L'HYACINTHE, L'Aigue-marine.
ET, PARFOIS, QUAND IL REGARDAIT JOUER LE SOLEIL SUR CES PIERRES, IL Y APERCEVAIT, EN TRANSPARENCE, DES PLANÈTES ET DES ÉTOILES.
ET C'ÉTAIT MARS DANS LE RUBIS, VÉNUS DANS L'ÉMERAUDE, ET DANS LE SAPHIR JUPITER, CEPENDANT QUE TOPAZES ET HYACINTHES OFFRAIENT L'IMAGE MÊME DU SOLEIL ET QU'ASTARTÉ LOINTAINEMENT NAGEAIT DANS LE BLEU DE L’AIGUE MARINE.
LA PUISSANCE MAGIQUE des BIJOUX EN ÉTAIT SI MYSTÉRIEUSEMENT MULTIPLIÉE QUE CHACUN D'EUX SEMBLAIT Y CONDENSER EN SOI LES SPLENDEURS SIDÉRALES.
OR, QU'ADVINT-IL DE CETTE DÉCOUVERTE?
CECI, DIT-on.
C'EST DEPUIS CE TEMPS-LA QUE L'HOMME SAGEMENT CROIT A LA SECRÈTE VERTU DES MÉTAUX ET DES PIERRES.
ET POUR EN AGRANDIR LES FORCES RAYONNANTES, SON ART FOND, CISÈLE, TAILLE, SERTIT CES SUBSTANCES TERRESTRES. AINSI, TANT PAR LE TRAVAIL DE SES MAINS QUE PAR LES INVENTIONS DE SA PENSÉE, IL EN FAIT DES OBJETS SACRÉS.
SES MAINS ATTACHENT LA PIERRE AU MÉTAL, SA PENSÉE LES MET EN RAPPORT AVEC LES ASTRES ET LES INFAILLIBLES DESSEINS DU ZODIAQUE.
Nice mcmlxiii henri bosco

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