dimanche 26 novembre 2017

Le Grand Mazarin : regard circonspect sur ce beau diamant.





Difficile de chercher une vérité sur ce diamant, le 23 mai 1887 eut lieu " la vente lamentable des Diamants de la Couronne organisée par l’Etat en 1887. Elle amputa vertigineusement le patrimoine national."
Ainsi commentait Mr Daniel Alcouffe, grand conservateur du Louvre. Je vous encourage à lire son avis.
http://www.latribunedelart.com/une-catastrophe-nationale-la-vente-des-diamants-de-la-couronne-en-1887

En mai 1887, le «Grand Mazarin» est vendu une première fois aux enchères, par le gouvernement français, et acquis par le joaillier Frédéric Boucheron.
75 ans plus tard, il revient sur  le devant de la scène. « en 1962, le Louvre a tenu une exposition exhaustive et méticuleusement documentée présentant les plus importants bijoux jamais façonnés en France, avec une place spéciale réservée aux joyaux de la Couronne française. Le Grand Mazarin était listé au numéro 22, entre les légendaires diamants Régent et Sancy», raconte Christie’s.
Jamais depuis il n’avait été revu. Jusqu’à ce mois d’octobre 2017 où ce superbe diamant qui se trouve actuellement dans une collection privée européenne, s’apprête à changer de propriétaire.
Il  a été vendu le 14 novembre par Christie's à Genève.  Je l ai vu sur place.

Certains ont lu qu'il pesait 19 carats 07 alors que lorsque Frédéric Boucheron l' avait acquis, il pesait 18carats 22/32, d'autres pensent qu' il y avait plusieurs diamants du même poids dans les" Mazarins"
Cela vaut la peine de comprendre le pourquoi de ces questions.



Photo du Grand Mazarin par la  maison Christie's


Un peu d'histoire:

Jules Raymond Mazarin (Giulio Raimondo Mazzarino, Mazarino, Mazarini ou Mazzarini), né à Pescina, dans les Abruzzes, le 14 juillet 1602 et mort à Vincennes le 9-3-1661 à Vincennes, il fut un diplomate et un homme politique, d'abord au service de la Papauté puis des rois de France Louis XIII et Louis XIV.   Il succéda à Richelieu de 1643 à 1661. Le reste nous importe peu.
Ce qui nous interesse c'est sa fortune et son amour des pierres précieuses.
En tant que  Premier Ministre, Mazarin s’enrichit. À sa mort, il dispose d'un actif d'environ trente-cinq millions de Livres (dont 8,7 millions de livres en argent liquide et 4,4 millions en bijoux et objets précieux) Il s'agit de la plus grosse fortune du XVII ème siècle, correspondant à vingt-deux tonnes d'or, qui provient des largesses du Roi, de ses nombreuses fonctions au gouvernement mais surtout des revenus  issus de 21 abbayes qu'il dirige (en premier l abbaye de Saint Denis) et lui rapportent annuellement 572 000 livres à la fin de sa vie.
Résumons, il avait suffisamment d' argent disponible  pour pouvoir influer sur le monde politique Progressivement, Mazarin abandonne la gestion de sa fortune personnelle à Colbert et Nicolas Fouquet.

4,4 millions de livres en Bijoux et pierreries??? dont  les Mazarins qui nous interessent.




Cardinal Mazarin


Voici la liste des diamants appelés les Dix Huit Mazarins

Passons de nombreuses années 

Mis à l’abri pendant la guerre de 1870, les Diamants de la Couronne furent exposés avec succès à Paris en 1878, à l’occasion de l’Exposition universelle, puis en 1884, au Louvre, dans la salle des Etats, Mais déjà ils étaient menacés, non par appât du gain mais par haine de la monarchie. La République encore fragile voulut priver à jamais les prétendants de la possibilité d’utiliser les Diamants de la Couronne. L’adversaire le plus efficace de ces derniers fut le fils de Raspail, le député Benjamin Raspail. Il déposa à la Chambre en 1878 une motion demandant la vente, qui fut approuvée, en juin 1882 seulement, par 342 voix contre 85. La même année 1882, fut nommée une commission d’experts chargés de préparer la vente ; elle proposa et obtint heureusement d’épargner quelques pierres et perles qui furent attribuées au Louvre (le Régent la Côte-de-Bretagne), au Muséum d’histoire naturelle et à l’Ecole des Mines. Après des discussions au Sénat, la loi d’aliénation, adoptée en décembre 1886, fut publiée au Journal officiel le 11 janvier 1887, étant signée par Jules Grévy, président de la République, et par Sadi Carnot, ministre des Finances : « Les diamants, pierreries et joyaux faisant partie de la collection dite des Diamants de la Couronne (…) seront vendus aux enchères publiques. Le produit de cette vente sera converti en rentes sur l’Etat ».


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La taille des diamants en 1780, tiré de l'Encyclopédie de la nature en 13 volumes (collection personnelle)

Suite:
A ce moment, la collection, riche de 77 486 pierres et perles, comprenait deux groupes de bijoux : le premier, le plus ancien, datant de la Restauration et le second exécuté sous le Second Empire, les Diamants de la Couronne n’ayant pas été utilisés sous la monarchie de Juillet. Au cours de la Restauration, Louis XVIII fit remonter pour ses nièces, la duchesse d’Angoulême et la duchesse de Berry, les parures exécutées pour Marie-Louise : ainsi la vente de 1887 comprenait-elle la parure de rubis et diamants, la parure de saphirs et diamants, la parure de turquoises et diamants et le diadème en émeraudes et diamants exécutés pour ces princesses, qui avaient servi aussi à l’impératrice Eugénie. Quant aux bijoux exécutés sous le Second Empire, ils débordaient d’opulence et d’imagination. C’est en particulier à l’occasion de l’Exposition universelle de 1855 que Napoléon III fit faire par les plus grands joailliers parisiens des joyaux magnifiques : une couronne pour lui, dont la monture fut brisée et fondue au moment de la vente, une couronne pour l’Impératrice, des bijoux fastueux pour celle-ci, notamment un nœud de ceinture en diamants se terminant par deux glands et une parure de feuilles de groseillier en diamants, comprenant une guirlande servant de collier, un tour de corsage et un devant de corsage. D’autres œuvres admirables furent créées dans les années suivantes, tels le peigne à pampilles en diamants (1856), le diadème russe (1864), le diadème grec (1867). On aurait pu tout avoir encore…
La vente se déroula au Louvre, dans la salle des Etats, en neuf vacations, du 12 au 23 mai 1887. Ce fut un échec financier. L’apparition sur le marché d’une telle quantité de pierres ne pouvait que les déprécier. La provenance historique des pièces, si importante commercialement de nos jours, ne fut pas prise en considération. La collection vendue était estimée à 8 000 000 F. or environ. Elle fut mise à prix à 6 000 000 F. L’Etat ayant déboursé 293 851 F. pour organiser la vente, la recette effective ne monta qu’à 6 927 509 F. Décevante pécuniairement, la vente fut désastreuse sur le plan historique, sur le plan minéralogique, étant donné la qualité de certaines pierres qu’on ne trouve plus maintenant, et sur le plan artistique, tant de chefs-d’œuvre de la joaillerie française disparaissant en même temps. Car tout concourut à faire perdre aux pierres leur identité : pour faciliter les achats, les éléments des parures de la Restauration furent vendus séparément, les décorations de Napoléon III furent démontées, la parure de feuilles de groseillier fut éparpillée. Les acheteurs furent principalement des bijoutiers (Boucheron, Bapst Frères, Tiffany etc), qui achevèrent de dépecer la plupart des joyaux pour en réutiliser les pierres.  
Texte de Daniel Alcouffe: Historien de l art français, officier de la légion d honneur, conservateur au Musée du Louvre, homme charmant qui répond aux courriers.


Photos personnelles prises sur place

Frédéric Boucheron au premier étage chez Boucheron
Donc Frédéric Boucheron, lors de  cette vente des Joyaux de la Couronne acquiert deux Mazarins , le Grand Mazarin et le huitième Mazarin.

Grand Mazarin.
 Décrit en 1691 "Un grand diamant épais, donné à la couronne par Monsieur le cardinal Mazarin, appelé le grand Mazarin, taillé en table carrée, de très belle eau un peu vineuse, net, qui manque de pierres en ses quatre coins, pesant 21 cts fort, estimé 75.000 livres."
pesant 18, 22/32 cts, n° 46 de la vente, vendu 101.000 francs, acheté par Boucheron.

21 carats forts??? cela complique encore les choses, mais en vérité tous les diamants de la couronne ont été plus ou moins retaillés et l inventaire de 1774 après le décès de Louis XV, comparé a celui de 1691 révèle que le grand Mazarin avait été retaillé en "beau brillant"

Et le Huitième Mazarin
Diamant épais taillé en table de belle eau et sans défaut pesant 18 cts 1/4. Estimé 55.000 livres en 1691. Il orna la couronne de Louis XV au dessus d'une fleur de lys d'un arceau.  n° 47 de la vente, vendu 18.100 francs, acheté par Boucheron.


Cliché tiré du Recueil. Diamants, perles et pierreries provenant de la collection dite des joyaux de la couronne par Berthaud: Bibliothéque Nationale de France.
Marqués d un points noir  A gauche le Grand Mazarin  de 18ct 22/32° et a droite le diamant 6 eme Mazarin de 16 carats 9/16°




Il y eut un catalogue de cette vente, édité par le Ministère des finances et l expert était Mr Emile Vanderheym assisté de Arthur Bloche



Tiré de ce catalogue de la vente  la liste des Mazarins, certains contestent que le brillant oblong de 16 carats acheté aussi par Frédéric Boucheron soit un Mazarin, c'est l une des imprécisions de cette vente.



Cette vente lamentable qui fut contestée, avait en deuxième page, ce texte qui nous fait savoir que Sadi Carnot et Jules Grévy organisèrent cette vente pitoyable.


Grand Peigne à Pampille

Donc, à cette vente, Frédéric Boucheron  acheta le Grand Mazarin de 18 carats (de l époque) mais aussi le diamant oblong de 16 carats mais encore, une Croix de dix diamants provenant de la couronne impériale et il participa au dépeçage du grand peigne à Pampille avec Tiffany et d'autres
Au centre , en haut du peigne se trouve le diamant Hortensia.




Regardez bien sur la photo du grand Peigne, il était monté dans ce sens, ce furent les frères Bapst qui le montèrent pour l'impératrice Eugénie sur ce grand peigne à Pampilles en 1836.
mais l’Hortensia fut retiré de la vente et intégré au Musée d’Histoire Naturelle puis, enfin, au Louvre il pèse 21carats 32, de couleur pêche, vous pouvez le voir actuellement dans la galerie Apollon au Louvre
Il fut taillé en 1678 et vendu à Louis XIV qui le portait à sa boutonnière. Il tient son nom de Hortense de Beauharnais, reine de Hollande, qui l'a porté. Hortense était la très jolie fille de Joséphine de Beauharnais.

Mais en dehors de l Hortensia il y avait 201 autres diamants sur ce grand peigne pour un total de 438,50 carats .
Frédéric Boucheron acheta un diamant de 14 carats, 18100frs, un diamant de 18 carats 56.500frs, un diamant de 6carats 28  25200frs et les deux pampilles qui se trouvaient de chaque coté de la pampille centrale pour 141.000 frs.


Cliquer pour agrandir

Au catalogue de la vente figuraient des photos, mais sur une page  de coté, dans ce catalogue gardé à la Bibliothèque Nationale, un inconnu a noté les prix enchéris avec les noms de tous ceux qui s'étaient battus pour les diamants du peigne.




Les deux Mazarins figurent dans les livres de Boucheron  comme ayant été revendus à un Baron Russe,  le Baron Von Derwiès, un sacré bonhomme;  voir :https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_von_Derwies

Sur le bon on peut voir qu'il habitait en 1888, Porte rouge à Moscou, et que Boucheron ne prit que 15 % de bénéfice.
Après le Baron Derwies, comment le Grand Mazarin est passé de ses mains, entre celles d'une grande famille européenne qui l'a vendu chez Christie's ce 14 novembre? Ce sont les mystères des ventes publiques.

Je rappelle que le deuxième diamant oblong acheté par Boucheron ne serait pas un authentique Mazarin, nous aurons peut être des précisions grâce à un lecteur de cet article, sinon!!!

Les sept gros diamants (de 17 à 30 carats) furent montés en chatons séparés pour l’impératrice Eugénie. Ils avaient précédemment orné la couronne impériale et furent présentés pour la vente comme sept Mazarins alors que, seul le grand Mazarin provenait des 18 pierres léguées à Louis XIV en 1661. Le roi le donna à son épouse puis le fit monter sur la grande chaîne de 45 gros diamants.

Donc si vous avez bien lu, on se perd avec les poids des pierres , Frederic Boucheron achète un diamant le grand Mazarin d'un poids de 18 carats 22/32 et Christie's revend le même diamant comme pesant 19carats 07?

Cette différence est due a l' avènement du système métrique et je vais tenter de vous l expliquer.

Le Système international d'unités inspiré du système métrique est le système d'unités le plus largement employé au monde (sauf aux Etats unis,au Liberia et en Birmanie). Il s’agit d’un système décimal  (on passe d’une unité à ses multiples ou sous-multiples à l’aide de puissances de 10)
 Le système d'unités consacré est donc le « système MKS », du nom de ses unités de base, le mètre, le kilogramme et la seconde.

La France, malgré Napoléon qui a traîne les pieds pour mettre cette extraordinaire réforme en place et nous avons toujours de notables exceptions.

En plomberie, les dimensions sont données généralement en fraction de pouce ;
La diagonale d'affichage des écrans électroniques (ordinateurs, TV, mobiles, etc.) s'exprime en centimètres, mais les commerçants lui préfèrent souvent l'usage du pouce ;
La vitesse en navigation maritime et aérienne se mesure en noeuds ;
Les pointures dont le calcul est dérivé du SI par une formule dont il est difficile de déterminer l'origine, 


Je possède ce pied a coulisse ancien, en bois et laiton, de cordonnier, il est marqué en 1/4 de pouces anglais, donc quand vous chaussez du 39, vous chaussez du 39 1/4 de pouces anglais.

Mais pour les carats, je me suis d abord perdu dans divers tableaux

Permettez moi de vous conseiller de lire mon article sur le carat en joaillerie:
https://richardjeanjacques.blogspot.fr/2007/01/caratkaratcaratskezako.html



Ces tableaux concernaient le carat mesure des métaux précieux, mais employaient aussi cette règle des 32°


Ce tableau  paraissait bon , mais mes essais appliqués aux pierres précieuses ne me donnaient pas de bons résultats


Encore un tableau complexe, puis,  je me souvins d un passage du livre "Diamants et pierres précieuses" par Louis Dieulafait de 1874,  heureusement, je possède ce livre




Pour Dieulafait en France le carat vaut 0gr2055 (page de gauche en haut)
C'est l indication de poids la plus souvent trouvée dans ces années qui précèdent le système métrique

Observant une grande disparité dans la manière de définir un carat, je pense qu' il faut faire le calcul du poids total, pour voir quelle était le poids le plus proche du poids actuel

Le grand Mazarin d'après le certificat GIA pour Christie's pèse 19carats 07 en carat métrique actuel.
En 1907, le carat (métrique) est défini par la 4e cconférence générale des poids et mesures comme étant égal à 200 mg, soit 5 carats pour 1 gramme.

Le grand Mazarin vendu à la Maison Boucheron pèse  18carats 22/32°
1 divisé par 32 et multiplié par 22 est égal à 0ct 6875
Donc le grand Mazarin pèse à l' achat par la Maison Boucheron, 18carats 6875
Là ou cela se corse, c'est que sur le catalogue , il est indiqué 18 carats 19/32°
Mais restons sur cette indication de 18ct68

Le diamant acheté par Boucheron pèse (avec les données de l'époque) 18.6875 X 0.2055 = 3grs84028
Celui de Christie's en novembre 2017  ......................................... pèse 19ct07 X 0gr 20= 3 grs 814

Marc Faygen, un ami http://www.bijouxregionaux.fr/fr/  me fait remarquer que la différence est de 0,68% ou environ 1 sur 150, différence plausible quand les diamants étaient pesés avec des trébuchets et des minuscules poids en feuilles de métal





D'après le livre  "l introduction à la science " de Joseph Claudel, , 1/32 ° de carat vaut 6,4219
Donc multiplions 6,4219 par 22 nous obtenons 141 décigrammes, rajouté a 18 carats a 0.2055 = 3grs 840


Plus il y a de subdivisions et plus le poids s'égare

Conclusions : 1°) Quand on sait qu'a cette époque , chaque pays avait ses mesures, on peut crier haut et fort, Vive le Système Métrique qui a simplifié les choses. 

2°)  Je me dois d'ajouter un texte  du livre d'Emile Vanderheym, expert de la vente des Joyaux de la Couronne en 1887.

NOTICE HISTORIQUE SUR LES JOYAUX DE LA COURONNE ET OBJETS DES SACRES
EXPOSÉS AU MUSÉE NATIONAL  DU LOUVRE GALERIE D'APOLLON
PAR ÉMILE VANDERHEYM
 DIAMANT FLEUR DE PÉCHER.
(24 + carats.)
Ce diamant figurait dans un des ornements représentant les fleurs de tête de la couronne de Louis XV, et ensuite dans le milieu du peigne de l'impératrice Eugénie. Le fac-similé figure dans une des huit fleurs de lis de la couronne royale, qui est placée dans la vitrine des joyaux de la Couronne et
des objets des sacres.
Il a été choisi par une Commission composée de MM. Crost, délégué du  Ministre des beaux-arts, Paul Bapst, Martial Bernard et Emile Vanderheym, comme présentant tous les caractères d'un diamant de collection et répondant le mieux au voeu de la loi, qui a prescrit de réserver un Mazarin pour le musée du Louvre. Quant à l'origine de ce diamant, elle est incertaine et nous ne saurions garantir qu'il ait réellement fait partie des dix-huit Mazarins légués par le cardinal à Louis XIV. Il est impossible, en effet, d'établir l'authenticité des Mazarins, ces diamants ayant été volés en 1792 . On a cherché à les reconstituer, mais il est douteux qu'on y soit parvenu.

Ci dessous ce que nous avons  perdu avec la vente des bijoux de la Couronne de France

Voici une petite partie de ce qui a été vendu, il nous reste ces photos conservées à la Bibliothèque Nationale, (source Gallica)



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Vos commentaires, ci dessous, vous pouvez les laisser anonymement ou m' écrire à richard.jeanjacques@gmail.com






mercredi 11 octobre 2017

CARTIER, Joaillier: Pour le plaisir d une vision différente


1905 Louis François Cartier II

J'aime cette Maison, j aurais pu copier les photos des livres sur Cartier, facile !!!
j'ai preferé chercher un peu de la vie de nos joailliers à leurs époques.

C'est un résumé de l histoire de la maison différent des autres sur cette merveilleuse Maison, et c'est l' histoire d'un homme Louis François Cartier qui naît en 1818 et meurt en 1904 en ayant créé, et transmis à ses enfants, ce qui va devenir la plus grande, la plus intéressante, la plus attachante des entreprises de Joaillerie.

La Maison Cartier, en  1980,  a accordé à Hans Nadelhoffer l'accès exclusif à ses archives afin d'écrire l'histoire définitive. Le livre est paru  en 1984 je crois. Hans Nadelhoffer fit des études d histoire de l'art et de littérature, à Berne puis à Vienne.
M. Nadelhoffer a organisé les premières ventes aux enchères de bijoux de Christie à Genève après son entrée dans la maison en 1968. Genève est rapidement devenue le centre mondial des ventes de bijoux  organisé par Christie's .
M. Nadelhoffer a quitté Christie's de 1981 à 1983 pour rechercher et écrire son ouvrage  "Cartier" Lorsqu'il  a repris sa place chez Christie's à Genève en 1984, il a été nommé président de Christie's Geneve.
Je crois qu'il a été d une grande honneteté comparé aux "historiens" d'autres maisons, ayant engagé des écrivains tout juste bons pour le journal "Nous deux" des années 50.
Donc..après Hans Nadelhoffer, on ne peut qu'écrire quelque chose de totalement différent, ce que je vais essayer de faire aujourd'hui.

Mais avant Louis François Cartier........
Hans nous l'écrit  il y eut déjà un Louis François Cartier (1755-1793/94), il était ouvrier tourneur sur métal dans un petit atelier installé au Louvre qui fournissait la Maison Royale. Soupçonné au moment de la révolution (tout le monde se soupçonnait de...et de...) il quitte Paris et meurt à l âge
de 39 ans dans sa maison près de Saint Denis.
Le père de Louis François s'appelait Pierre Cartier,  il était le fils de Louis François Cartier né en 1755. Pierre fit les guerres napoléoniennes , et lors de la guerre d'indépendance espagnole, guerre qui opposa la France et l'Espagne à partir de 1808 lorsque Madrid se souleva contre l’armée française stationnée dans la capitale espagnole.




Le HMS Discovery le navire a servi de ponton de 1818 jusqu'à sa destruction en février 1834.


Jeune soldat, 21 ans, il est fait prisonnier, Il échappe à l'exécution, le dos au mur avec d autres soldats grâce à la femme d'un boulanger qui le cache dans son four avant de lui permettre de s'échapper, déguisé en femme. 
Malheureusement les soldats anglais de Wellington le trouvent sous son déguisement et l'envoient  par bateau jusqu'à Plymouth. ou il restera prisonnier plusieurs années.



Dans un almanach de 1811 , ces deux fondeurs d or et d'argent!! , ce doit être Pierre Cartier?  
En 1815/1816,Pierre Cartier épouse une lingère, Elisabeth Girardin, il continuera à travailler comme fabricant de poires à poudre et ornementation des fusils.



Ce mariage d' un Cartier Bijoutier rue Saint Martin et Melle Rely est il relié a la famille?



Ou cet autre mariage en 1864 dans le 20 ème arrondissement de Paris.

En attendant Pierre et Elisabeth ont un fils en 1818/1819 , il lui donnent le prénom de son grand-père Louis-François, il s'oriente vers la bijouterie.
Il rentre comme apprenti, puis comme ouvrier chez le Joaillier Adolphe Picard installé au 29 rue Montorgeuil, Hans Nadelhoffer nous indique: qu'il était à coté de l important marché aux huîtres qui se tenait à l ombre de l église de Sainte Eustache, 
Lorsque Picard déménage en 1847 pour s'installer au 29 rue de Richelieu, il confie son affaire au jeune homme.

Vever a aussi écrit: 
La maison Cartier a pris, dans ces dernières années, une extension considérable. Ce fut Louis-François Cartier qui la fonda, en 1847, rue Montorgueil, 29; il la transféra boulevard des Italiens, n° 9, en 1859, lorsqu'il s'adjoignit le fonds de Gillion.

En 1856, Julienne, fondateur plus tard de l ecole de bijouterie, afin d'occuper sa femme et sa troisième fille, acheta un petit magasin d'estampes (ancienne maison Fontaine) situé boulevard Saint-Martin, n° 4, entre le théâtre de la Porte Saint-Martin et l'Ambigu. Là, il fonda un cours de dessin, bientôt suivi par un grand nombre de bijoutiers et d'orfèvres qui assistaient régulièrement le soir à ses leçons : Paul Robin, Cartier, Georges Nattan, Serres, Bouclier, G. Bachelet, Paul Legrand, Pourée, etc., furent au nombre de ses élèves. Il donna aussi des leçons particulières à la Princesse Mathilde, à la Comtesse d'Haussonville, à Mme Jadelot et à plusieurs personnes de l'entourage de l'Impératrice. (
D'après Vever)

Plus tard  en 1874: MM. Guillemin avaient réuni successivement trois maisons à la leur : celle de Ledagre, bijoutier,rue Vivienne ; celle de Picard, bijoutier, rue Richelieu, et plus tard celle de Philippi. Aussi, dans la profession, avait-onsurnommé facétieusement la maison Guillemin « l'île dela Réunion"  d'après Vever.

Louis François s'est constitué une très belle clientèle comme la Comtesse de Nieuwerkerke ou plus encore, la princesse Mathilde.
Avec l'aide de Picard,  il s'était établi à son compte, 5 rue Neuve des petits champs, ce qui lui permit de travailler avec une clientèle privée. Mais en 1859 , c'est devenu trop étroit pour un fournisseur de la Maison Impériale, il reprend l affaire du Joaillier Gillion installé au 9 boulevard des italiens.
1859 c'est aussi l année de la construction du Canal de Suez.

1871 Cartier fait un essai d 'installation à Londres

Alfred Cartier succéda en 1874 à son père, dont il était l'associé depuis deux ans ; il s'associa à son tour son fils aîné Louis en 1898, et transféra sa maison, en 1899, "rue de la Paix, n° 13.

1875 Naissance de Louis Joseph Cartier


1877: Cartier est adhérent de la société protectrice des apprentis




Mais je retrouve Louis François Cartier en 1879 au New Club
Les Cercles réservés à une société choisie où l'on se réunissait pour causer, lire, jouer, etc, remplacent les salons, et  les Clubs remplacent les Cercles.
« Tous ces salons se sont fermés l’un après l’autre et le club traversant la Manche s’est installé sans
façon à la place qu’ils occupaient jadis. », Edmont Textier, Les Choses du temps présent, 1862


La multiplication des cercles contribue fortement à la disparité de la société élégante. Réservés aux hommes, ils sont discriminatoires et, selon certains, vont jusqu’à compromettre l’unité familiale. Égalitaires et bourgeois dans leur principe, ils ouvrent l’espace du loisir mondain à des milieux plus étendus.


Pour Louis Cartier c'est aussi un moyen de se faire des amis hauts placés, a cette époque on appelait ce genre de photographie "Portrait" , c'est donc le Portrait de Louis Cartier par Nadar



Cette facture "Cartier Fils" date de 1882, donc Louis François et son fils Alfred Cartier.


A l'époque , le "Roret des fleurs artificielles" conseillait d acheter ses fleurs artificielles chez Cartier

1884 naissance de Jacques Théodule Cartier.


1886  dans le Bulletin de la société de géographie de Paris


1887: Dans le Journal le Gaulois, c'est très intéressant cette liste de Joailliers parisiens


1892:Faits divers chez Cartier Bd des Italiens (Jnal Le Rappel)


La "Vapeur" a même les honneurs du Figaro et pourtant!! elle avait l air très honnête!



1894: Dans le journal Paris Capital!!!


En 1899, il semble que Cartier revende son affaire du 9 boulevard des italiens à Gaston Guiot. 
Guiot avait il gardé le décor de Cartier???

 

Le boulevard des Italiens , du temps de Cartier, en 1889 regardez les détails de cette photo  (source Gallica.fr)


Cette autre photo trouvée à la Bibliothèque nationale, Le grand Hotel en 1889 du Boulevard des Italiens, la rue de la Paix est à coté.




1902  journal L'Aurore

En 1902 Cartier ouvre à Londres au 4 New Burlington Sheet et Alfred ouvre son propre bureau au 4 rue de la Paix a Paris
 Cartier reçoit un Brevet du Roi Edouard VII, un autre de Alphonse XIII, un du Roi Charles du Portugal.


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1904 mort de  Louis François dans un ascenseur, nous permettant ainsi d'apprendre qu'il habitait au 10 avenue de l Opéra. Ce n'est pas dans l histoire officielle , mais dans la presse



Dans la revue le Globe en 1905, alors qu'en 1906, si Jacques Cartier prend la direction de la Boutique,  Louis et Pierre Cartier créent une société "Cartier Frères"
1907, du point de vue horlogerie une date!!!car Cartier passe un contrat de quinze ans avec Edmond Jaeger.
Pierre se rend à New York, le Tsar Nicolas 2 et le Roi de Siam lui donnent un brevet apres que Cartier ait exposé a Saint Petersbourg.
1909: La boutique de Londres est transférée  au 175-6 new bond street et Cartier ouvre au 712 de la 5 eme avenue à New York.
1910: Louis Cartier et Andrée Worth divorcent, premier dépot de la marque  avec les deux  "C" entrelacés.
1911 Exposition de 19 diadèmes Chez Cartier à Londres




1912: Le Mariage de Jacques  avec Nelly Harjes, journal Le Temps


1912 Plus de détails sur le mariage de Jacques.


1913 Journal "Le Radical," un sombre histoire de collier volé  et une administration des  Postes qui ne veut rien reconnaître.

1913: Cette montre est en pendantif  grace à  un motif en soie.



1914:Décès de la femme d'Alfred Cartier  née Melle Grifeuille


La Rue Bab Azoum à Alger




1917:  Dans l'echo d'Alger un bijoutier de la Rue Bab Azoum, Pierre Dunoyer,  parti faire la guerre a demandé à Louis Cartier de gérer ses affaires jusqu'à la fin des hostilités.




1917 : Dans le journal le Rappel,  belle vente.


1917:  Transfert de Cartier New York au numéro 653 Cinquième Avenue, Pierre Cartier ayant obtenu la résidence Morton F. Plant en échange d’un collier de deux rangs de perles fines. Premiers dessins de la montre Tank.



15-04-1917 dans l intransigeant un autre don.


1917:  dans le Journal Le Temps, la solidarité vis a vis des blessés de guerre.


1918 Renaissance de l art de de l'industrie



1918 Renaissance de l art de de l'industrie


La légende explique tout


1918 : j adore le nom de dents de loup d'onyx pour ces onyx taillés en triangle.



1919, le 14 juillet 1919, le magasin de Cartier Rue de la Paix à l'extreme droite le magasin de Lacloche.



1920 dans la revue de l'art ancien, sobriété, et précision



1919 dans la revue Coemedia,  la réputation de Louis Cartier l' amène  à participer en tant qu'expert à la vente des bijoux de la princesse Lobanoff de Rostoff . Louis achètera d'ailleurs un très beau collier de perles de Nicolas 1er  a cette vente . Je publie le catalogue de l'époque , c'est intéressant de regarder la collection de cette Princesse Russe qui contenait du Cartier d'ailleurs.






























Photo dans le Journal Vogue de 1920 , la légende est ci-dessous

Cliquez pour agrandir toutes les photos


1921 Légion d Honneur de Pierre Camille Cartier. Encore de nombreux brevets accordés à Cartier venant de toutes les altesses royales.
Cartier frères devient la "Cartier S.A."
J ai cherché, mais sur la base Léonore du ministère de la culture, il semblerait qu'aucun des Cartier ayant été décorés de la Légion d honneur n'ait vu son dossier publié.








La légende explique: "Du brun sur le Auburn, voila qui est plus rare; aussi cette coiffure dorée nous charme t elle particulièrement avec sa petite frange des cotés, très légère, au cou un collier de Jade et perles de chez Cartier"
Presque 100 ans après, je suis aussi sous le charme.



Légende: Une langoureuse blonde, qui a des yeux profonds, peut être aussi espagnole qu'une fille de la vieille Castille, dans cette transformation de cheveux noirs, piquée de magnifiques épingles si originales de Cartier 1921 Vogue




En juillet 1921, dans le Figaro Cartier (Joaillier de la Couronne d'Espagne) reçoit la visite de la Reine Mère d'Espagne .


1922 dans le Bottin.


1922 en décembre, bijou de Cartier dans Vogue


1922 Bijou de Cartier dans Vogue


1922-12- cliquez pour agrandir toutes les photos



1923: la Rue de la Paix, a droite Cartier au N°11, vous noterez que Mellerio n'est pas présent au N°9
C'est Mr Seligman: l' histoire du 9 rue de la paix est très intéressante, je vous encourage a la lire ou relire: https://richardjeanjacques.blogspot.fr/2013/08/mellerio-joaillier-l-histoire-du-9-rue.html



1923: La Rue de la Paix, circulation fluide devant chez Cartier



1923: Cartier visite et achète dans les pêcheries de perles du golfe persique.




Le Mugbil Al Thukair (à gauche) accueille Jacques Cartier (Centre), accompagné de Yusuf bin Ahmed Kanoo (à droite) et l'assistant commercial Maurice Richard (extrême droite) de Cartier



1923 le comptoir Cartier aux Indes



1923: Cartier installe des magasins à Londres et  New York.


Magasin de Londres



1923: Mellerio est bien locataire au 16 rue de la paix , a coté de Vever, et non propriétaire de l immeuble du 9 rue de la Paix,  qu'il achètera en 1941. Lire...



1923 dans la revue Renaissance de l Art, cartier rue de la Paix


En 1924 pour l exposition Française de New York c'est Pierre Cartier qui en est le vice président  journal: L'expansion commerciale de la France.


1924 pendule Bili


La voici de nos jours, en couleur




1925: dans la revue L'art et la mode, ce très beau et très étrange bracelet de Cartier


Dans l'almanach Didot Bottin dont on ne retiendra plus que le nom "Bottin", l'annonce de Cartier.



1925 Journal le Matin l'annonce du décès d'Alfred Cartier.




1925 Revue Rennaissance de l'art français et de l industrie




1925 Revue Renaissance de l'art français


1925 Pour l exposition internationale de 1925


1925 le pavillon a l exposition internationale des industries du luxe



1925 à l intérieur du pavillon le stand de Cartier

1925: Exposition des arts décoratifs, le Stand de Cartier, un mannequin paré de bijoux Cartier (Revue le grand Négoce )





1925 en octobre les obsèques d'Alfred Cartier revue Coemedia




1925: le 18-10 le journal Le Gaulois, rend compte des Obsèques , la famille Cartier, puis Jacques Worth, et Mr Revillon



1925: un mois après la mort d'Alfred Cartier, madame Louis Cartier a mis au monde un fils



1926 intéressante publicité de Carier dans Vogue.




1927: Même le journal l humanité s'intéresse à Cartier



1928 dans la revue "Fémina" Cartier oriente sa publicité vers les joueuses de Golf



En 1928, Bhupindar Singh (1891-1938), Le Maharajah aux 500 femmes, souverain de Patiala, au Penjab, passe commande à Cartier du plus grand bijou jamais réalisé : un collier de 2 930 diamants dont le fameux De Beers (234,5 carats !). Le maharajah souhaite affirmer sa puissance. De fait, Bupindhar Singh est réputé pour le faste de sa cour. Des archives font revivre les prodigieuses fêtes, les mariages princiers, les décors éblouissants. Mais la chute de l’Empire britannique et l’indépendance, en 1947, portent un coup fatal à cette magnificence. La loi d’abolition des trésors d’État votée par le gouvernement d’Indira Gandhi, en 1971, accélère la déchéance des maharajahs. Leurs titres et leurs prérogatives sont progressivement abolis. Les possesseurs de bijoux n’ont plus le droit de les exporter. C’est dans ce contexte que le collier de Patiala disparaît… Mais la famille des maharajahs de Patiala a su s’adapter et conserve un rôle politique important : aujourd’hui, le descendant de Bupindhar Singh, le capitaine Amarinder, est Premier ministre de l’État du Penjab. Et en 1998, Éric Nussbaum, joaillier chez Cartier, a retrouvé la monture du collier et la maison Cartier s’est par la suite lancée dans une restauration aussi fidèle que possible – sans toutefois le précieux diamant De Beers…


Mr Seberac


1928 Seberac le voleur du Collier Cartier, un article du journal Le petit Parisien savoureux un peu long ? mais reflétant une époque.

C’est un postier parisien qui avait subtilisé le collier de 6 millions* expédié à Londres.
Le précieux joyau est retrouvé à Toulouse dissimulé dans la doublure d'un veston que le voleur avait expédié à sa mère M. Charpentier, commissaire à la sûreté générale. secondé par les inspecteurs Bonny,* Garanger et Ravazi, vient, sous la direction de M. contrôleur général des recherches judiciaires, de mener à bon terme une enquête des plus difficiles, ouverte par ordre du parquet de la Seine, sur le vol du collier de six millions, mystérieusement disparu entre Paris et Londres.
Bien que la justice n'ait été saisie que le 8 mars par le plaignant, le joaillier Cartier, rue de la Paix, les faits, qui, à plusieurs reprises, défrayèrent la chronique et furent longuement commentés dans le Petit Parisien, remontent au 24 février.

Fidèle client de la succursale londonienne de la maison Cartier, lady B. qui habite un des plus aristocratiques quartiers de la capitale anglaise. avait choisi. au début de février, un magnifique collier qui lui avait été montré quelques jours plus tôt. Ce joyau, composé de cinquante-sept perles en chute, crème rosé, pesant 669 grains* et dont le fermoir en platine était orné de sept brillants, dont un du poids de 3 carats, constituait une merveille, unique peut-être au monde, qui justifiait le prix de millions demandé pat vendeur. Le splendide bijou fut confié à lady B. Celle-ci, étant venue à Paris, emporta le collier. Mais, après avoir longtemps hésité, elle se ravisa, décida de ne pas l'acheter, et, pour s'épargner tous risques, chargea la maison de la rue de la Paix de le réexpédier a Londres L'expédition fut faite le 23 février, en paquet recommandé portant le numéro 264, au bureau de poste 35, Pue Cambon et, bien qu'il fût assuré pour 50,000 livres, soit 6 millions, rien ne le signalait à l'attention de quiconque, puisque aucune déclaration n'avait été faite. Prévenue de l'envoi, la succursale de Londres attendit deux à trois jours le paquet au bout desquels elle avisa Paris qu'il ne lui était pas parvenu. De toute évidence, il apparaissait que le paguet avait été subtilisé.

Sur les traces de la vignette 264 Mais la plainte, nous l'avons dit, ne fut déposée que le 8 mars. Chargée des recherches, le commissaire Charpentier et l'inspecteur Bonny* commencèrent une série d'investigations, à la vérité particulièrement ardues, parmi le personnel des postes, sédentaires et ambulants. Suivie pas a pas, la trace du paquet fut retrouvée à Dieppe, à l'embarquement pour Newhaven. Aussi les policiers crurent-ils en toute bonne foi qu'il avait dû être volé en Angleterre, bien que les recherches auxquelles, de son côte, procédait la police anglaise, parussent, au contraire, démentir L'enquête, toutefois, elle n'en fut pas moins poursuivie des deux côtés de la Manche, et nos policiers acquirent la certitude qu'un paquet portant la vignette 264 était passé de France en Angleterre. Mais quel en était le destinataire Bien qu'on se rende aisément comple des difficullés de ce genre de recherches en pays étranger, le commissaire Charpentier, s'étant rendu a Londres, put établir que, seule, la vignette d'enregistrement 264 en recommandé avait effectué le trajet Paris-Londres. Elle fut effectivement retrouvée. Elle était apposée sur un petit paquet de valeur insigniflante, destiné à un officier britannique habitant Regent Street, à Londres. De toute évidence, il y avait eu substitution de vignette et vol de la boite contenant le collier.
On reprit donc l'enquête de Paris et, rapidement. il fut établi que le paquet destiné à l'officier anglais n'avait pas été recommandé par l'expéditeur et n'avait donc pu être enregistré sous le n° 264. Convaincu, dès lors, que le voleur ne pouvait être qu'un employé des postes, M. Charpentier resserra ses investigations, multipliant surveillances et filatures avec le concours des inspecteurs Bonny*, Ravazi et Garanger, d'abord au bureau de poste de la rue Cambon, puis à celui de la rue Saint-Roch, où s'effectue le tri des plis recommandée expédiés par les bureaux voisins et qu'il est chargé de centraliser,Très rapidement, le magistrat porta ses soupçons sur un des employés du service de tri émile Seberac né le 30 juin 1895 à Saint-Rome-de-Rain (Aveyron), et domicllié 22, rue Richelieu. Son passé fut scruté, et le magistrat apprit que bien qu'appartenant à une famille honorable très aisée qui lui fournssait des subsides importants, menait un train de vie bien au-dessus de ses moyens.

Dans là nécessité de subvenir aux dépenses d'une coûteuse liaison, Séberac, qui avait son auto particulière, devait, par tous les moyens; chercher de l'argent. Il le demanda à la Bourse, mais sans succès puisqu'il a été établi qu'en 1927 ses pertes se chiffrèrent à 100.000 francs et que, depuis le début de l'année, il avait du régler uuc différence de 40.000 francs.
Ne voulant pas déchoir, Séberac fut-il acculé au vol ? L'enquête pourra le déterminer. Quoi qu'il en soit, c'est lui qui, le 23 février, resté seul, deux heures durant, dans le bureau du tri, subtilisa la boite contenant le fameux collier, en apposa la vignette sur le premier paquet qui lui tombe sous la main.
Discretement accosté par par les inspecteurs Ravazi et Garanger oomme il sortait du bureau de la rue Saint-Rooli, puis amené rue des Saussaies, Séberac y fut interrogé par le commissaire Charpentier.
Préssé de questions pendant cinq heures d'horloge. Séberac, qui, jusqu’alors avait vigoureusement riposté à toutes les attaques, perdit pied soudain et, en sanglotant, s'affaissa sur une chaise Et, d'une traite, ce fut l'aveu.

C'est en manipulant les colis que j'étais chargé de trier, que j'ai remarqué celui portant la vignette 264, il était écrasé et un collier s'en échappa, obéissant à je ne sais quelle inexplicable Impulsion, je me suis emparé du joyau et j’ai apposé sur un autre paquet non recommandé l'étiquette numérotée de la poste.

Quand il apprit la valeur du bijou, Séberac n'osa pas le restituer. Il songea à le remettre à un prêtre, sous le sceau de la confession, mais il renonça vite à son projet. Finalement, il le plaça dans la doublure de son veston et expédia le vêtement à sa mère, demeurant 28, rue des Arts, à Toulouse, en lui recommandant do ne pas se défaire du vêtement ni d'y toucher jusqu'au jour prochain de sa venue.
Dans la journée d'hier, le commissaire Charpentier et l'inspecteur Bonny*, qui s'étaient rendus en hâte à Toulouse, ont, en effet, retrouvé chez Mme Séberac le précieux collier dissimulé dans la doublure du veston de son fils.
Hier soir, porteurs du joyau, les policiers ont repris le train pour Paris.
Depuis le mois de novembre dernier,, Séberac vivait dans une modeste chambre, au sixième étage, à l'hôtel du Piémont, 22, rue Richelieu. L'hôtelière se montra très surprise en apprenant le méfait dont son locataire s'est rendu coupable.
Séberac était ici, nous dit-elle, sympathique à tout le monde. Il vivait très modestement et certainement au-dessous de sa condition. Souvent Il nous avait parlé de sa mère qui, disait-il, habitait Toulouse, dans une propriété lui appartenant et qui jouissait d'une assez grosse fortune qu'll il aidait à gérer ici.
Lui-même menait une vie des plus réguliere, partant et rentrant chaque jour aux mêmes heures. Il vivait seul dans sa chambre, ou il recevait plusieurs fois par semaine la visite d'un ami. La semaine derniére il nous avait donné congé. devant aller habite, nous a-t-il expliqué, un appartement loué plusieurs mois auparavant. qu'il avait meublé au fur et à mesure de ses disponibilités.
Hier après-midi, nous fûmes surpris de le voir revenir, contralrement à son habitude, à l'hôtel. il était accompagné de plusieurs messieurs que nous primes pour ses collègues. Une demi-heure plus tard, les visiteurs s'éloignèrent, toujours accompagnés de notre locataire. C'est alors que je montai à mon tour dans la chambre du sixième pour y faire le ménage. Je fus surprise alors de trouver toutes les malles de Séberac ouvertes, l'armoire glace vidée de son contenu, linge et objets de toilette épars sur le plancher.
Je comprends à présent que les gens qui accompagnaient mon locataire étaient des policiers venus pour perquisitionner dans sa chambre.

Notes de JJ Richard. Compte tenu de l'érosion monétaire due à l'inflation, le pouvoir d'achat de 6 000 000,00 Francs en 1928 est donc le même que celui de 368 897 162,97 Euros en 2016. 
* L inspecteur Bonny , un bon flic avant guerre se distingua pendant la guerre en créant avec Lafont la Gestapo Française.



1930 : Après la création d'une agence Cartier à Saint Moritz, filiale qui restera jusqu'en 1945, une belle publicité de Cartier. L atelier de Couët son célèbre horloger est transféré rue Réaumur.


1930 la femme de Jacques Cartier dans la revue Fémina.




1931 dans "le Journal" 



1931 Publicité de Cartier "Le Briquet sans feu" pour ses tubes précieux pour le rouge à  lèvres



1932 dans la Revue Fémina, les belles dotations de Cartier pour leur coupe de Golf


Cliquez pour agrandir la photo




1933: Marion Cartier épouse pierre Claudel le fils de Paul Claudel, écoutez le http://www.ina.fr/video/I10284405




1934 dans "Fémina", ma photo n'est pas nette, mais on sent bien le mouvement de cette plume de Cartier, qui de plus est démontable.


L un des dessins de cette plume.
1934: Bracelet de Cartier


1935: l'époque des concours automobile dotés de prix par Cartier et tous les autres Joailliers



1935 Coupe des dames de Golf dans Fémina



1935: les bijoux sont de Cartier, mais je ne résiste pas au charme de ces robes longues de Lelong



1935 dans Vogue




1935 a Villard de Lans, montres de Cartier



1935 



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1935: dans la revue Coemedia: Rien ne change, le texte pourrait être repris de nos jours



1935 : Dans la revue Femina , Cartier lance "Les coccinelles"


Les coccinelles se déclinent en bracelet



1935 dans Femina


1935 Octobre le Yacht de Louis Cartier


1935 en décembre merveilleuse pub de Cartier.



Décembre 1935 dans Femina



1935 dans Vogue


1936  Madame Paul Cartier 


1936 Cartier dans Vogue


1936 Madame Paul Bernard dans Vogue avec un magnifique collier de Cartier



1936


1936: dans Vogue, les topazes de Cartier



1937 dans Femina


1937 dans Femina


1937 dans Femina


1938 : Pierre est admis au grade de commandeur de la légion d 'honneur



1938 toujours Cartier dans Fémina




Superbe photographie du Magasin Cartier à Palm Beach en Floride, en 1939.
Un taxi arrive.., deux élégantes regardent les vitrines.., il est 11heures 20 du matin.. le magasin est du style des années 30, il se trouve a l angle de Worth Avenue et sur le trottoir on lit nettement le nom de l'avenue ou se trouve le taxi, "Hibiscus Avenue", au premier plan un "Pédicab" conduit et propulsé par un "young black man".
Une image d'un monde parfait réalisée par Marion Post Wolcot.... mais;
ce n'est pas tout à fait ce que Marion voulait faire "passer" comme message!! j'ai traité ce sujet dans
https://richardjeanjacques.blogspot.fr/search?q=Cartier



1943 Décés de Jean Jacques Cartier





Intemporel ou presque,  alors qu'Alfred avait été enterré au Père Lachaise, la famille ayant acquis une certaine célébrité, construit un mausolée dédié a la dynastie, quelque part c'est la fin d une idée, les Cartier sont devenus une industrie, puis un Mythe.



J ai déja traité le sujet Cartier, plusieurs fois mais celui ci-dessous  est l'article le plus lu.

https://richardjeanjacques.blogspot.fr/2010/09/cartier-lavant-biennale-des-antiquaires.html
20.000 personnes l ont lu.

 Il y eut aussi mon ami Olaf Van Cleef qui resta plus de 30 ans comme "grand vendeur" mais c'est une autre histoire!!!

Une remarque, une reflexion,  je vous répondrais  richard.jeanjacques@gmail.com

Je vous recommande mon nouveau blog ou j'essaye de répondre aux questions de mes lecteurs, evidemment si vous m ecrivez et demandez l anonymat, je le respecte. Allez sur ce blog des lecteurs les questions de mes lecteurs sont souvent très interessantes
https://richardcourrierdeslecteurs.blogspot.fr/

Merci à la Bibliotheque nationale .